Plongée dans l’obscurité, la salle bondée de la Gaité Lyrique est prête pour le meeting. Une faible lueur de lumière nous permet de voir le pupitre noir qui n’attend que son orateur. Les premières notes de La Marseillaise revisitée par l’artiste retentissent, tout en faisant monter la pression.

Le candidat arrive sous les acclamations. Le drapeau tricolore apparait sur l’écran. Les spots lumineux colorent la salle de bleu, de blanc et de rouge. La musique monte en puissance. Le meeting de campagne de SebastiAn peut alors commencer.

Ce live avait démarré il y a un an, à la Grande Halle de la Villette, juste avant la sortie du mitigé « TOTAL ». A l’époque, on avait pu y ressentir une certaine surprise dans le public durant les premières minutes du live. Une surprise qui, un an plus tard, n’est plus vraiment là, beaucoup ayant soit déjà vu le live une première fois ou alors qui en ont vu des extraits sur internet. Cela n’enlève rien à cette mise en scène géniale qui instaure tout de même un léger malaise.

SebastiAn, visage sévère, le poing levé et une cigarette dans l’autre main nous offre un très bon jeu d’acteur. Le jeu de lumière, les visuels projetés sur l’écran, le discours, le grand pupitre noir. Tout est parfait pour créer une ambiance malsaine. Et la musique dans tout cela ?

Durant les premières minutes, le discours tend vers le positif grâce a des morceaux comme « Prime » ou « Tetra » qui l’habillent. L’arrivée de « Kindercut » amorce la descente vers le régime totalitaire. Des drapeaux tombent sur les cotés, les lumières sont rouges, ça y est le plongeon est fait. Sommet de l’ascension de SebastiAn, un petit passage death metal avec « Total » ou « Dog » qui accentuent le côté extrême de sa politique. Mais toutes les bonnes choses ont une fin et la suprématie du dictateur s’achève sur un remix de « Embody » et une balle dans la poitrine…

Une performance scénique impeccable. L’idée d’utiliser un meeting politique comme fil rouge est très bonne, surtout durant la période de campagne présidentielle.

Une légère déception tout de même, puisque mis à part les ballons qui tombent du plafond il n’y a eu aucune exploitation des capacités qu’offre la salle de la Gaité Lyrique ce qui aurait donné un petit plus à ce live qui tombait une semaine après la fin des élections (le 11 mai 2012).

« Ne pensez pas. Croyez moi. Je vous aime.« 

 

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