Co-fondateur du label Marble et producteur aguerri (TTC/Institubes), Jean-Baptiste de Laubier aka Para One a sorti le 18 juin dernier son second album intitulé  » Passion « .

« Ice Cold » est l’introduction de ce long format et nous ramène sur les pistes de ski d’Epiphanie, le premier album de Para One sorti 6 ans plus tôt. Des nappes de synthés glaciales qui dureront moins de 2 minutes puisque vient ensuite « Wake Me Up » que l’on pourrait apparenter à la fonte des glaces, sa voix chaleureuse réchauffant agréablement l’atmosphère. C’est ici que tout bascule et que la scission entre Épiphanie et Passion est alors amorcée. Ce nouvel album ne sera donc pas une suite à son prédécesseur, le producteur a bel et bien pris un tournant plus joyeux dans ses compositions.

À la fois constant et cohérent, cet album forme un tout bien que certains morceaux sortent du lot, en bien ou en mal, et brisent l’harmonie. L’ambiance est rayonnante et souriante, parfois même un peu trop. Ici aucun titre ne déchainera un dancefloor comme ce fut le cas de « Dudun-Dun », on est là dans quelque chose de plus accessible sans pour autant que la qualité des productions n’en patisse. La patte qui caractérise Para One est omniprésente, on ressent le travail d’expérimentation sonore qu’il y a derrière et qui lui est si cher. À tel point qu’il faut littéralement limer les morceaux pour en découvrir toutes les facettes avec des petits sons éparpillés un peu partout et difficilement décelables lors de la première écoute. Un véritable travail d’horloger.

Plutôt que de tomber dans le name dropping, ici on se contente de 3 morceaux avec des featurings. Teki Latex l’ami de toujours vient poser sur le désormais connu « Lean on Me » ainsi que « Every little things » aux cotés d’Irfane. « When the night » est quand à elle sublimée par la voix puissante de Jaw.

On regrettera un titre comme « Vibrations » qui semble être une vulgaire récupération d’une chute de l’album Defiant Order des Birdy Nam Nam (que Para One à produit). L’interlude qui lui est rattachée sauve les meubles avec un hip hop old school de bonne facture mais ça n’empêche pas à l’ensemble de ce morceau de jurer totalement avec le reste.

Fort heureusement il y a de très bons titres à l’instar du magique « When The Night » où sur une base funky tout se forme et se déforme, rien n’est jamais pareil, le changement de rythmes et de sonorités est permanent sans pour autant que cela ne gène.

Au bout d’une quarantaine de minutes vient « Empire » qui clôt l’album sur une nouvelle note hip-hop qui nous rappellera les débuts de Para One en tant que producteur de rap.

Un second album excellent dont la production est soignée et maitrisée. Cependant, il n’est pas exempt de défaut puisque le côté pop est parfois trop exagéré et nous fait tomber dans le mielleux.
Passion porte bien son nom, il suffit d’une écoute pour ressentir cette passion qui anime Para One pour la composition et l’expérimentation. Les différents projets auxquels il a participé (Slice and Soda, Marble, Birdy Nam Nam) l’ont nourri et ont à coup sûr joué sur la couleur sonore de cet album. Une galette que l’on vous conseille et qui à coup sûr se mariera parfaitement bien avec les douces nuits d’été qui arrive.