Sorti en juillet dernier , « Mon prisme » est le premier EP du rappeur Georgio, nous avons eu la chance de pouvoir nous entretenir avec un emcee passioné et saucé qui a la tête sur les épaules !

Ce 30 septembre 2011, après avoir visionné cette John Doe 4, on n’était pas prêts ! Qui était ce gaillard qui en à peine une minute avait kické violemment le beat d’Apollo Brown. Quelques clics plus loin, on découvrait Georgio et sa net tape Une nuit blanche pour des idées noires, nous avions confirmation à l’écoute qu’il fallait suivre ce jeune rappeur de très près. Ses multiples apparitions dans différents featurings et freestyles témoignent de son indéniable talent. Toujours le sourire aux lèvres, il nous reçoit pour cette interview réalisée en studio, à l’occasion de la sortie son EP avec son ami et emcee Bazoo.

Pourrais-tu te présenter pour nos lecteurs qui ne te connaîtraient pas et nous parler de ton parcours ?

Georgio, rappeur solo du 18e arrondissement (Marx Dormoy). Mon parcours est assez simple j’ai sorti en 2011 une net tape qui s’appelait Une nuit blanche pour des idées noires, dont la plupart des sons ont été réalisés quand j’avais 16 ans, à l’époque je rappais avec un pote en duo (93 Millimètres), ça date vraiment ! Je viens de sortir un EP qui s’intitule « Mon prisme ».

Comment en es-tu venu à faire du rap ?

Étant un grand fan de rap, ça s’est fait naturellement. Je n’ai pas écouté du rap pendant 10 ans et après je me suis mis à gratter. Peut être pendant 6 mois je me « brûlais » la tête avec du hip hop et à un moment je me suis dit moi aussi il faut que j’en fasse et j’ai commencé comme ça.

Étant donné qu’Une nuit blanche pour des idées noires est une compilation de sons réalisés entre 2009 et 2011, considères-tu Mon prisme comme ton premier projet ?

Oui c’est vraiment le premier, Une nuit blanche pour des idées noires, je l’ai présenté ça comme une net tape alors que Mon Prisme je le considère plus comme un EP gratuit. C’est un projet beaucoup plus réfléchi. Je ne suis aujourd’hui pas très fier de certains sons qu’il y a dans la compilation, même si je les ai appréciés à un moment, là je suis fier du projet et d’avoir pu le mener à bien.

Comment définirais-tu ton prisme ? Tu as consacré l’outro de l’EP pour ce titre mais comment le définirais-tu maintenant ?

C’est vraiment comment je commence l’outro de Mon prisme. C’était plus une idée, tous les textes ont été écrits la nuit, à partir de là, j’avais vraiment l’envie d’imager un titre plutôt que d’appeler mon projet « Pur Ghetto Volume 3 » alors que personne ne connait le un ou le deux (rires).

Le projet est le fruit d’une activité nocturne (obscurité) et le prisme par définition c’est ce qui disperse la lumière.

Ouais, j’aime bien imager, tout ce qui allait sortir du prisme c’était mes facettes, avec des sons un peu plus sombre comme « Insomnie », des sons très rap français années 90, d’autres plus 18e (arrondissement) comme « Quand je prends le mic », des morceaux un peu plus cool comme « Pluie d’été ». Partir d’une blanche qui me transperce et quand ça ressort de l’autre côté, ça explose avec tous les univers différents.

Combien de temps as-tu mis pour élaborer cet EP ?

Ça faisait un petit moment que j’écrivais, c’est parti dans différents freestyles et featurings notamment avec Lomepal, Walter… J’avais même commencé un projet où je dois avoir une dizaine de titres mais il n’est jamais sorti à cause de galères de mixage. Au final, j’ai continué l’écriture puis j’ai reçu la prod de Carpe Diem et c’est à ce moment-là que j’ai commencé, en deux mois j’avais réalisé tout le projet.

« Homme de l’ombre« , « Insomnie », une thématique mélancolique se dégage sur cet EP ?

Je souris tout le temps. Quand j’écris et je rappe, je lâche tous ce que je cache, tout ce que j’ai le plus de mal à évacuer. C’est vrai que c’est assez sombre.
« Homme de l’ombre » c’est un morceau que j’ai écrit sur la vraie instru d’« Homme de l’ombre » qui est à la base le morceau de Lunatic et Malekal Morte, je trouvais que le titre collait bien avec le texte et je l’ai gardé. Ce n’est pas du tout un hommage au titre mais c’est plus une dédicace en mettant scratches avec les voix de Lunatic et Malekal Morte.

On t’a croisé lors la troisième édition des Rap Contenders en tant que spectateur comme de nombreux emcees,  le clash en tant que participant ça t’intéresse ?

J’aime bien me prendre ça en live ou en vidéos, mais je trouve que maintenant ça a perdu un peu de son charme après ça reste un point de vue personnel, je ne suis vraiment pas dans un délire clasheur et je me ferais allumer par pas mal de mecs donc ça me tente vraiment pas. Ce n’est pas ma discipline !

Pourrais-tu nous parler de ta relation avec VALD ?

VALD c’est un bon pote je ne sais même plus comment je l’ai rencontré, il voulait qu’on fasse un son, je voulais qu’il me présente Screetch de Daymolition, on s’est arrangé et on a fait un morceau ensemble après c’est une histoire d’amour (rires). Sur mon prochain projet, c’est sûr qu’il y sera.

Il y a eu un freestyle chez Oster lapwass, qui réunissait l’Entourage et l’Animalerie, donc t’étais dans le crew l’Entourage, on se demandait si tu vas rejoindre l’équipe à 2zer ou tu préfères faire cavalier seul tout en restant bien entouré ?

Seul en restant bien entouré après je ne suis pas contre un projet avec un pote ou deux, jamais je serais dans l’Entourage mon collectif c’est la 75ème session, après 2zer ou l’Entourage ce sont mes gars sûr, s’il n’y a pas écrit 75ème session et Georgio sur la vidéo c’est du boycott (rires) si Oster Lapwass lit ça il saura.
On est parti à Lyon avec Alpha, Nekfeu et Doum’s. Alpha et Nekfeu ont fait leur concert, avec Doums on a été invité  freestyler à la fin de leur set, le lendemain on a été en studio faire un morceau et hop on l’a clippé dans la chambre d’Oster Lapwass.

Quels sont les projets que tu as retenus ces 6 derniers mois ? Quels sont ceux que tu attends ?

Les projets d’Espiiem et de Jazzy Bazz sont très bons ! Sinon il y a en fin d’année précédente le projet de Zekwe Ramos j’avais bien kiffé. La claque que je me prends en ce moment c’est au niveau rap cainri avec A$ap Rocky, Kendrick Lamar, Currensy… J’ai entendu parler d’un projet de Freedie Gibbs avec Madlib, j’attends ça avec impatience. En rap français, Pand’Or je suis pressé qu’elle sorte des projets c’est ma soce et l’album du S – Crew, je suis pressé car je connais déjà pas mal de sons.

Dans ton travail d’écriture, qu’est-ce qui t’influences le plus ?

J’aime les pianos, les violons… le style TSR crew, d’ailleurs Hugo a fait la prod de « Quand je prends le mic ». Je vais être plus influencé années 90 : Lunatic, Mobb Deep (The Infamous , Hell On Earth…), j’aime la rime technique, Hugo du TSR est une grande influence, Lino et sa manière d’imager ainsi que toutes ses punchlines. Je connais depuis un bout de temps Cas de Conscience mais l’Etrange c’est vraiment récent, il y a une maison 75ème session « le bunker » où il passe pas mal de temps là-bas, rappe ses textes et en l’écoutant je fais « Ah ouais c’est vrai une folie ! ». En fait mes influences premières du projet c’est un peu mon entourage à moi : Lomepal, Caballero, S Crew…

On vient d’apprendre que tu prépares actuellement un nouveau projet, tu peux nous en dire plus à ce sujet ?

Je vais partir sur un projet 5 titres. Quand tu prends Mon prisme, il y a des sons qui restent assez freestyle, ça sera toujours égotrip, mais beaucoup plus construit au niveau des textes. Je vais prendre un petit plus de temps, j’aimerais sortir ça aux alentours de novembre/décembre si tout va bien et ça sera un projet commun avec DJ LO !

Sur ton EP, on trouve les versions instrumentales de deux titres, est-ce une volonté de mettre en avant les beatmakers ou tout simplement pour que les rappeurs puissent kicker (dans un esprit face B) ?

Il y a l’idée que ça me fait plaisir que les gens puissent kicker et que ça fasse tourner un peu plus la prod. Il y a des morceaux que j’apprécie et dont j’aimerai bien trouver la prod mais mis à part une face B ou des rappeurs ultra connus c’est impossible de trouver les instrus. Je me suis dit que j’allais laisser deux prods, où j’ai fait l’égoïste c’est que j’ai gardé les intros des vrais morceaux comme ça on sait qu’elles m’appartiennent à la base (rires), mais ça me faisait plaisir de les partager.

Les extraits de film, c’est toi qui les as choisis ?

Sur « Quand je prends le mic« , j’ai choisi des extraits de Il était une fois dans le Bronx.
Dans le morceau « Anonymous », c’est un extrait de Raï ce n’était même pas dans le son, Diabi (mixage/mastering) qui a fait la prod de « Carpe Diem » et « Mon prisme » m’envoie le son avec cet extrait, j’ai vraiment accroché et on l’a gardé.

Ketchup ou Mayo ?

C’est dur de répondre à ça ! En ce moment, dès qu’on va au grec, mon nouveau délire de c’est de prendre barbecue sauce blanche, un bon petit mélange. Sinon ketchup mayo pour moi c’est classique, mais je te dirais ketchup.

Vous pouvez vous procurer l’EP ici. En attendant le clip de Carpe Diem, voici les premiers deux clips :

Merci à Georgio, Bazoo et Marwa (photos)