L’album TETRA, véritable déferlante électro de la rentrée, est-il à la hauteur de nos attentes et justifie-t-il l’omniprésence médiatique de C2C ?

TETRA de C2C est depuis quelques mois un des albums électro les plus attendus de la rentrée, l’EP cinq titres Down the Road, sorti en janvier 2012, avait fait remuer les nuques et saliver les bouches de tous les fans. La formation nantaise qui caresse les vinyles depuis 1998 prépare cet opus depuis deux ans et a fait monter l’attente progressivement grâce à d’incroyables concerts et des sorties médiatiques qui se sont intensifiées jusqu’à ce que le public découvre, il y a trois semaines, le fruit de leur travail en intégralité.

L’album débute sur quelques notes de musiques envoutantes accompagnées d’une douce mélodie de flûte aux sonorités asiatiques qui nous transportent vers des contrées musicales exotiques. L’intensité du morceau monte au fur et à mesure jusqu’à l’arrivée des chœurs qui propulsent le morceau au bout d’une minute d’une agréable attente. Les variations de rythmes, la richesse des mélodies et l’harmonie qui règnent dans « The Cell » font de ce titre une excellente entrée en matière qui fait pénétrer admirablement l’auditeur dans l’univers de ces quatre virtuoses des platines. Le démarrage se poursuit avec l’incontestable et percutant « Down the Road » dont l’écoute suscite inéluctablement des mouvements de têtes ainsi que des esquisses de pas de danse. La suite de l’album est très diversifiée, les morceaux se suivent et ne se ressemblent pas, on passe de « Happy » avec Derek Martin sorte de gospel électro, à « Give up the Ghost », titre intrigant à l’ambiance feutrée ; il est parfois difficile de trouver une véritable ligne directrice à TETRA. Bien sûr la diversité des styles explorés par C2C fait la richesse de leur opus, mais sur certains morceaux la patte du groupe se fait discrète et c’est bien dommage. Les featurings proposés sont appréciés et bien sentis, comme celui avec Pigeon John sur « Because of You » qui mêle son énergie et son flow aérien aux platines du groupe pour bâtir un morceau efficace et séduisant. David Ledeunff, chanteur du groupe Hocus Pocus, est présent sur « Together » en tant que chanteur et guitariste ; la chanson la plus riche en collaborations est sans doute « Le Banquet » puisqu’elle rassemble les meilleurs DJ au monde, les habitués des finales du prestigieux Disco Mix Club que C2C remporta quatre années consécutives en équipe ; pendant cinq minutes, la compétition est oubliée et les talents de chacun sont mis à contribution afin de constituer une alliance incroyable, une véritable Dream Team qui éclabousse nos oreilles de sa virtuosité.

Le magistral « F-U-Y-A » vient clôturer l’album en faisant écho au premier morceau par la ressemblance de leurs sonorités et de leur structure ; il annonce la fin d’un voyage au travers duquel une multitude de contrées musicales ont été traversées en compagnie des admirables guides que sont Pfel, 20Syl, Greem et Atom. Il est normal d’être exigeant et critique à l’égard de TETRA car l’ampleur de l’attente le justifie, l’album emprunte un chemin sinueux, on craint parfois de trop s’écarter du sujet ou de perdre le fil, on déplore de temps en temps l’absence de transitions ou d’interludes ; néanmoins la qualité et l’inventivité des morceaux, l’atmosphère euphorique et festive ainsi que ce savoureux mélange electro-hip-hop-soul-jazz font que l’on y adhère avec un certain enthousiasme. Et lorsqu’au bout d’une heure de virée on repose les pieds sur terre, le premier mot qui vient à la bouche est : « déjà ».

  • mygreg

    let’s get ready to ruuuumble ! bon, l’article est vraiment bien écrit, et on sent bien le fait que même si les critiques même un peu négatives sont là, tu es définitivement fan du crew.

    personnellement, je vais donner mon avis aussi.

    A aucun moment tu ne réponds à la question : »justifie-t-il l’omniprésence médiatique de C2C ? » qui pour moi est assez importante :

    1. du point de vue du battage médiatique que l’on a eu : bloggueurs, twitters, TV, etc, se sont quand même gavés sur le phénomène, alors qu’en soit, il n’y a rien de vraiment génial, si ce n’est le live qui semble être vraiment cool. mais à ce moment là, pourquoi n’avoir pas fait la même couverture médiatique pour Beat Torrent qui le méritait aussi, au moins pour le live et quelques uns de leurs morceaux ?

    2. du point de vue de la qualité de l’album et de ce que l’on aurait pu en attendre (placé du côté fan de turntablism). Je suis clairement fan de l’EP. Moins de l’album. Sachant que je me base sur la partie purement technique des mecs. Ca méritait un peu plus de boulot, sauf pour les featuring. Et le tout sans tomber dans l’écueil d’un genre électro vite écouté, vite oublié.

  • Je suis assez d’accord sur le fait que l’article ne répond pas directement à la place de C2C dans les médias. On peut regretter l’effet médiatique souhaité par le groupe et leur manager, qui a été de marteler tous les médias avant la sortie de l’album et de continuer aujourd’hui. Du moment qu’on met en avant un produit le public suit, y a une phrase d’un rappeur que j’aime bien, Rocé, qui dit que  » de toute façon le public c’est un mouton il prend ce que lui indique l’horizon.  » et c’est malheureusement assez vrai. Je pense que la majorité des fans ne connaissaient pas le groupe avant l’EP et qu’il y a une bonne partie d’opportunistes dans le tas. C’est dommage mais il ne faut pas pour autant réduire TETRA à un simple produit commercial réalisé dans l’optique de toucher le plus large public possible. On ne peut pas nier la qualité de l’album qui je pense aurait pu être bien supérieure vu le potentiel du groupe. C’est le premier album en plus de dix ans, il aurait normalement du être proche de la perfection et il en est loin, je pense donc que l’omniprésence médiatique de C2C n’est pas justifiée après l’écoute de l’album, mais qu’elle est pour l’ensemble de l’oeuvre du groupe, c’est-à-dire tout ce qu’ils ont réalisé depuis leur formation et leurs concerts qui électrisent les foules à chaque fois.

    Faut pas non plus dire  » maintenant qu’ils sont connus, c’est nul.  » faut aussi se réjouir pour eux, ces artistes n’ont pas toujours été reconnus à leurs juste valeur que ce soit avec Hocus Pocus, Beat Torrent ou Soul Square, alors qu’ils le méritaient amplement. On ne va pas se plaindre que de tels artistes, géniaux et français, aient du succès.

  • mygreg

    on est tout à faire d’accord là dessus :)

  • C’est tant mieux alors =)

  • Je suis assez d’accord avec toi sur le manque de cohérence. Par contre, justement je pense que ce sont les featurings bien trop nombreux qui détruisent ça.
    C’est dommage, The Cell et FUYA sont liés, en intro et conclusion, mais tout ce qui est dans cette parenthèse ne suit pas, c’est trop tubesque. L’argument « la cohérence se trouve dans le grain du mastering » qu’a pu sortir le groupe en interview est ridicule.
    Le Banquet est géniale, mais n’a rien a faire sur l’album, ou du moins avant FUYA, on a une scission qui dénature totalement le second morceau. Vraiment je trouve que ça manque de boulot sur ce genre de points.

    Si on épure l’album, en retirant des morceaux, c’est plus digeste, mieux, mais pas excellent. L’EP était très bon, il n’avait pas besoin de cohérence vu que ce n’est qu’un EP. Par contre, avoir joué la carte du remplissage en nous le rebalançant en quasi-totalité sur l’album, je trouve ça légèrement abusé.

    Les gars ont déconné, ont joué a fond la carte de la com’ (ce battage médiatique vomitif), ils ont mis la barre haute avec l’EP et finalement l’album est bien en dessous de tout ça.

    Ils ont un bon live, mais ça aussi sont entrain de le détruire a force d’être partout. On les voit trop tout simplement et la seule chose jusqu’au ras le bol…

  • mygreg

    après, comme dit talam, bien sûr qu’on est contents que la scène turntablist soit mise en avant, bien sûr. mais dans le cas de C2C, ca va être un simple phénomène de mode qui passera bien vite malheureusement.
    on sera bien loin de la confidentialité (finalement si secrètement chouchoutée) d’autres artistes et crews aux platines qui peuvent faire des shows et des sets de dingues, avec des artistes pas forcément plus connus mais autrement plus talententueux :)

  • mygreg

    je reviens encore sur l’album et aussi le live (que je n’ai pas vu mais dont je vois plusieurs extraits par le docu pas dégueu Scratch Music passé sur France Ô http://www.pluzz.fr/scratch-music.html > profitez du replay). Ce qui pourrait me gêner en tant que gros fans de turnatablism en live, c’est de ne pas voir les platines et les mains du DJ sur son fadder. Ce que que propose les DMC, sachant que c’est là un championnat spécialisé. Chez C2C, c’est assez cool mais trop peu. ils ont mis un univers en places avec des formes qui s’animent. Et visiblement, chaque forme s’anime sur une phase, un rythme, un flare de chaque DJ. Cool, mais peu suffisant.

  • Le live Greg, il faut le voir. Les mecs ne font plus du turntablism mais bien de la musique.
    Il ne faut pas le juger par des extraits mais après l’avoir vu entièrement.

    Le live forme un tout (sauf Down the road), je trouve dommage qu’il en balancent des bribes à la télé, ça casse tout le bordel. Ils déconnent sur toute la ligne, j’overdose.