Le Bus Palladium accueillait la première soirée Boxon le 13 septembre dernier. Mr Nô, compositeur clermontois, était à l’affiche. On a profité de son passage à Paris pour discuter avec lui et son acolyte Florian Cardinale qui s’occupe de la création et de la gestion des visuels du live.

Ton premier EP « Snake » est sorti chez Different Recordings, le second « Versus » chez Lektroluv. Pourquoi ce changement de label ?

Mr Nô : L’idée de sortir sur Different ou Lektroluv était de ne pas être sur un label français. Different c’est le label de mes rêves, celui dont je suis fan. Le premier truc que j’ai acheté dessus c’est la 11e Marche d’Agoria, après il y a eu Vitalic aussi. C’est avec ça que j’y suis venu.
Sauf qu’avec Flo et Fabrizio, mon manager, on s’est dit qu’il ne fallait pas rester sclérosé et essayer de toucher différents publics, parce qu’il n’est jamais exactement le même d’un label à l’autre.
Different est plutôt généraliste alors que Lektroluv fait plus de la turbine. Il y avait donc cette opportunité, on s’est dit que ça pouvait être intéressant. Mais ça ne veut pas dire qu’on ne bossera plus avec Different ni que c’est à la vie avec Lektroluv.

Contrairement à bon nombre d’artistes electro, on ne trouve pas de remix sur tes EPs. Pourquoi ce choix ?

Mr Nô : J’ai fait pas mal des remixes avant de me lancer dans mes EPs mais je ne voulais pas que le projet soit rattaché à ça. Pour sortir des premiers trucs je préfère faire mon son à moi.

Le 6 octobre prochain, tu vas participer au projet « Fantômes » avec Jean-Charles de Castelbajac lors de la prochaine édition de Lille3000. Tu peux nous en dire plus sur ce projet ?

Mr Nô : Il nous a vu en live au Divan du Monde. Les conditions n’étaient pas terribles. Le son n’était pas fort et il y a une maison de retraite derrière la salle, du coup ils coupent les basses. Et pourtant à la fin il est venu nous voir. Il nous suivait déjà un peu et voulait qu’on bosse sur un truc ensemble. Il nous a dit que ce sera vers octobre et nous a donné son numéro de portable. Trois jours après il nous a dit qu’on allait faire Lille3000. C’est un événement qui a lieu tous les trois/quatre ans. Il y a 300 voir 400 000 personnes dans toutes les rues de la ville et Castelbajac s’occupe de la parade d’ouverture.
Il nous a dit  » Voilà, est ce que ça vous dit qu’on fasse un show ensemble ? ». Il voulait le travail vidéo de Florian mixé avec ses dessins à lui et qu’on fasse le live, qu’on fasse une vidéo exclusive de son travail avec peut être un ou deux morceaux inédits que j’aurais fait. En une semaine le truc s’est calé.

Tu as fait la couverture des Inrocks « Spécial Clermont-Ferrand » il y a quelques mois. Peux-tu nous parler de la scène locale ?

Mr Nô : Il y a une scène qui à la base est connotée rock avec quelques groupes et en ce moment il y a celle de l’electro qui émerge. Il y a quelques projets comme Freek, Beatcheese ou Vega qui se mettent à faire des trucs qui sont vraiment bien. Freek avait été un peu suivi par Agoria, Beatcheese vont jouer avec C2C. Il y a des choses qui se font, c’est le début.

Florian Cardinale : il y a aussi Jolly Fellow qui est assez présent sur la scène espagnole.

Mr Nô : Un gars qui a plus de 35 ans, il ne s’était jamais mis à l’electro mais sentait qu’il y avait une espèce d’émulsion à Clermont, il s’est lancé à faire un live et ça cartonne. Il vient de faire deux dates en Espagne, il joue un peu partout. Là ça commence à bien s’exporter. Après il y a d’autres scènes, comme il y avait une scène folk qui était assez présente.

« Clermont-Ferrand, capitale du rock ». Ça n’a pas été trop dur d’évoluer en tant qu’artiste electro dans cette ville ?

Mr Nô : Non, car on avait la chance de ne pas faire du rock, de faire de la techno, mais avec un côté visuel et un côté scénique, du coup tu te démarques vite. Le risque c’était que ça ne plaise pas. Les groupes de rock ils galèrent plus, ils sont trop, il y en a pleins.

Penses-tu avoir fait bouger les choses avec Classical Recording ?

Mr Nô : On a fait de très grosses soirées, comme les 10 ans de la Coopé (ndlr : la Coopérative de Mai), le festival Europavox plusieurs fois, Electric Palace, il y a plein d’événements. Des fois il y a des trucs un peu « sauvages » comme dans une grande salle de l’école d’art. On y avait mis des bandes fluo, il y avait 5 vidéos projecteurs qui faisaient un mur entier de visuels. Pas grand monde était au courant, c’était un lundi soir, pourtant c’était surblindé.
On a fait pas mal d’événements comme ça, et ce n’est pas fini, il y a d’autres projets qui vont arriver.

Et Coco Machete Records c’est quoi exactement ?

Mr Nô : C’est le premier label ou j’ai sorti un morceau, « He or She », je n’en connaissais pas forcement le milieu. Mon manager de l’époque m’avait dit « Je suis à New York, j’ai rencontré ce gars-là, il voudrait faire un truc, t’as un morceau ? ». Je n’étais pas fan de leurs sons, très turbine, mais c’était cool pour une première sortie. C’était dans une compilation pour les blogs. Coco Machete Records était un sous-label qui faisait ça pour tenter de faire émerger des artistes.

Comment es-tu passé de la Coopérative de Mai à Lille3000 en faisant un détour par l’Hacienda à Manchester ?

Mr Nô : Ce ne sont que des histoires d’opportunités, que ça soit pour Castelbajac, les Inrocks, pour pleins de choses. Nous notre vie c’est ça, on est à Clermont, on fait nos arts et des choses qui font qu’à un moment il y a des rencontres.
L’Hacienda c’était Peter Hook qui devait jouer à Clermont-Ferrand pour Europavox. Quelqu’un de la Coopé l’a contacté pour savoir si Florian pouvait faire des images pour les diffuser pendant son live. Il a dit ok, le gars de la Coopé a envoyé un lien avec « He or She » et il nous a proposé de jouer à la réouverture de l’Hacienda. On est resté 3 jours à Manchester, c’était mortel : rencontrer Peter Hook, le bassiste de New Order et de Joy Division, jouer à l’Hacienda.
On se laisse vraiment porter, on suit les opportunités. On a démarré à Clermont en jouant dans une salle de cinéma pour étudiant. C’était vraiment un tout petit truc comme ça et les choses se passent. On fait du mieux qu’on peut pour que ce que l’on propose soit de qualité. Après c’est bizarre, tu prends un live comme le Divan du Monde, je n’étais vraiment pas content. Il n’y avait pas de basse, un gars était venu sur scène trifouiller mon synthé et aucun vigile pour le virer, vraiment une sale ambiance. À la fin t’as qu’une envie c’est de te casser et puis tu as Castelbajac qui était là et qui a adoré.

F.C. : Même si les conditions sont mauvaises, tu ne peux jamais savoir qui est dans la salle. Tu ne peux pas te permettre de dire « ouais laisse tomber, c’est de la merde, c’est une salle pourrie ».

Mr Nô : Ça c’est la morale de 24 Hour Party People. À partir du moment où il y a du public, même très peu de monde, tu dois jouer comme s’il y avait 1000 personnes. Certes tu es dépendant des éléments techniques, de ce qu’il y a autour de toi mais il faut que tu fasses ton art.

Tu as le soutien d’Arnaud Rebotini, grand amoureux des instruments analogiques qui le montre sur scène. Si tu en avais la possibilité, ça te brancherait de faire un live avec que de l’analogique ?

Mr Nô: Non. Déjà on l’a fait, il y a 3 ou 4 ans quand je commençais à vraiment découvrir l’électronique. J’étais anti-ordinateur, très puriste, je n’avais que des machines mais ça pesait 30kg et il y avait plein de câbles. Et, je ne dis pas ça contre Rebotini, ce n’est pas pour ça que le live est meilleur. Son live il est bien parce qu’il est à l’aise avec ses machines.

F.C. : Et puis pour tourner, c’est difficile, le matériel est super fragile.

Mr Nô : Arnaud, pour en avoir parlé avec lui, disait qu’il n’est pas un puriste. Il a ses machines parce qu’il les a eu au moment ou elles sont sorties. Il les a achetées comme le synthé que j’ai sur scène. C’est un synthé qui est sorti il y a quelques années et pourtant il adore le son qu’il fait alors qu’il est 100% digital. C’est une question de confort et d’aise avec tes outils. Le laptop je trouve ça très bien.

F.C. : Tu as une question économique là-dedans aussi, qui n’est pas forcement abordée mais si tu te ballades avec pleins de synthés forcement ça coûte plus cher niveau logistique. Quand tu as beaucoup de matériel il faut que tu te balades en camion donc du coup tu oublies tout ce qui est train et avion. Ça coûte assez cher et c’est super fatigant vu qu’il faut que tu prennes la route.

Mr Nô : J’ai des synthés mais ils sont à la maison. Sur scène il faut que tu penses à ce que tu proposes aux gens et moi je sais que, c’est vraiment perso mais quand nous on s’éclatait sur nos machines on se rendait compte en filmant que le public pouvait s’ennuyer. L’avantage des nouvelles technologies c’est que c’est plus souple, plus miniaturisé et ça n’empêche pas que le son sort des vieilles machines analogiques que j’ai chez moi et qui sont maintenant dans l’ordinateur.

Ton live comporte une partie visuelle. Pourquoi avoir voulu intégrer cette dimension ?

Mr Nô : Avec Florian on s’est rencontré en sortant, dans des soirées étudiantes. On savait qu’on voulait faire quelque chose, un projet commun et qui ne serait pas un groupe de musique parce que j’ai déjà eu des groupes, ça me saoulait. Florian avait fait une école de cinéma et je voulais me diriger vers la musique. En voyant des concerts avec des vidéos on trouvait ça bien plus captivant, on a vraiment tripé sur certaines.
L’idée c’est qu’avec les visuels qu’on propose, qui correspondent aussi au son, il y a un appel au voyage. Tu te prends dedans, si tu ouvres les yeux tu n’as pas juste des fils partout avec des potards et un gars qui est là en train de les tripoter. Il y a une narration même si c’est abstrait.

F.C. : On était fan d’Ez3kiel.

Mr Nô : C’est le premier truc qu’on a vu qui faisait vidéo / musique et qui avait un univers propre. Et nous on s’est dit qu’il fallait qu’on s’en fasse un à nous avec du son et de la vidéo. Le but quand tu sors c’est de t’évader un peu, ce n’est pas de retrouver les choses chiantes de la vie. Et puis plus t’as de propositions artistiques, plus c’est fort et au final c’est ce qui a séduit Castelbajac. Ça crée une empreinte.

F.C. : C’est une association qui s’est faite très vite. Maintenant on voit beaucoup d’artistes qui collaborent avec des gens qui font de la vidéo et tout ça mais c’est arrivé rapidement. Par exemple, notre première date c’était pour une personne qui était dans l’art contemporain très conceptuel.

Mr Nô : On faisait d’abord des trucs dans les festivals d’arts vidéos parce que, ne serait-ce qu’à Clermont, les lieux de musique n’avaient ni vidéo projecteur ni écran, tu leurs en parlais ils faisaient « ouais j’en ai entendu parler ». Pour nous ce qui est important c’est le contenu. Aujourd’hui tu as aussi plein de structures mais ça c’est la Foire du Trône, ce n’est pas un voyage artistique. Ce qu’on voulait c’était vraiment proposer un contenu vidéo qui raconte quelque chose et qui n’est pas juste illustratif.

F.C. : Quelque chose qui a un juste milieu entre la vidéo et la musique. C’est à dire qu’il ne faut pas que la vidéo remplisse ce que doit faire la musique et inversement. Il y a un équilibre à avoir. Des fois il y a beaucoup de visuels et finalement c’est juste un show scénique.

Mr Nô : C’est vrai qu’à Paris c’est compliqué. Mais souvent sur les autres dates qu’on fait en France, les salles sont vachement plus grandes, comme au Bikini à Toulouse, et là t’as un écran qui est conséquent, ça a vraiment une ampleur, ça marche. Le problème à Paris c’est que pour jouer dans les grosses salles faut avoir 15 ans de carrière et avoir de la bouteille, tandis qu’en province ce n’est pas forcement le cas. On a donc conçu la vidéo du live pour un grand format.

F.C. : Ça n’empêche pas que dans certaines salles avec un petit format tu peux être vachement surpris. Je me souviens d’un live à Dunkerque, ça pétait. Le vidéo projecteur était fou et du coup il n’y avait pas trop de lumière, tu voyais vraiment bien, t’avais l’impression que l’image flottait dans le vide.

Mr Nô : C’est une question de proportion en fait. Au Bus Palladium, s’ils avaient un écran qui prenait toute la scène avec un vidéo projecteur qui bastonne ça aurait été super. Là ils descendaient juste un écran de maîtresse d’école, ils ont un truc à diapositive et puis voilà.

F.C. : Après toutes les salles ne sont pas forcement équipées pour, c’est nouveau. Les salles de spectacles et salles de musiques actuelles ont déjà un petit train d’avance sur l’aménagement pour accueillir de la vidéo mais les clubs ce n’est pas encore ça. C’est normal, faut attendre et il faut un peu de gens comme nous, qui venons faire les clubs, pour que les gérants des lieux aient le déclic et investissent dans ce matériel. Pour l’instant, c’est encore le début.

Donc tu es tributaire du matériel des salles.

Mr Nô : Ouais. On pourrait très bien acheter nos écrans et vidéos projecteurs, on en a d’ailleurs, mais c’est compliqué de se balader avec. Le but c’est d’être le plus léger possible. Ma petite valise noire, dedans il y en a pour super cher en matériel car il est de qualité mais compact. Après on a un sac à dos et voilà.

F.C. : Il faut être réactif et mobile.

Mr Nô : Ça correspond aussi à l’époque d’aujourd’hui. Ce qui fait qu’on peut faire 3 dates en 3 jours, c’est ça. Si on avait notre bordel, il faudrait louer des camionnettes et être le double de personnes. Arnaud Rebotini il est avec d’autres personnes car il faut qu’ils portent ses machines.

C’est une autre manière de tourner.

Mr Nô : Ce n’est pas notre truc l’idée de la tournée un peu rock. À un moment on délirait sur l’idée d’avoir notre logiciel avec le contenu dans une clé USB et de faire louer des ordis, tables de mixage, cartes sons, tout ce qu’il faut, par les salles. On arriverait et on se brancherait simplement. Parce que porter beaucoup de flycases et tout, c’est chiant. Tu te pètes le dos, il n’y a aucun plaisir là dedans. Après cette idée c’est un peu extrême.

F.C. : il y a deux écoles, avec du bon et du mauvais des deux cotés.

Dans une prochaine version du live, tu exclus donc des innovations visuelles avec des structures (Amon Tobin, De Crécy, ou Don Rimini qui vont au delà du visuel en fond de scène) ?

Mr Nô : Genre la Foire du Trône ? On réfléchit souvent à des structures, mais d’abord au contenu en fait. C’est comme tout ce qui est dans les arts numériques, la technique elle doit être au service d’une création artistique. On a pas du tout envie d’arriver avec un échafaudage rempli d’écrans parce qu’on pense qu’il y a des choses à faire en terme de contenu. On bosse plus sur la création d’images de synthèse qui seraient encore plus poussées. Quand tu vas au cinéma, tu ne te demandes pas pourquoi il n’y a pas plein d’écrans partout, il y a un écran et puis ça va, c’est le contenu qui est beau. Personne ne s’est dit qu’il allait faire un cinéma avec 164 faces. Ça serait rigolo mais ce n’est pas pour autant que le contenu serait bien et que tu passerais un meilleur moment.

Donc pour le moment, ton but c’est de faire évoluer ton imagerie actuelle ?

Mr Nô : C’est ça. On travaille avec de nouveaux logiciels qui sont vraiment fous, pour faire de l’image de synthèse.

F.C. : Tu as encore une fois l’aspect logistique, c’est à dire qu’au bout d’un moment il faut diffuser la musique. Plus ta structure sera complexe, plus tu vas faire chier les programmateurs. Tu vas te priver de salles comme le Bus Palladium par exemple. Alors que le but c’est de diffuser ta musique pour qu’elle soit partagée, écoutée et appréciée par tout le monde.

Mr Nô : Pour reprendre ce que tu dis, De Crécy il a quoi, 20/25 ans de carrière, alors que c’est mon age. Agoria lui a fait une petite structure, qui est très légère pour le coup. Ça arrive au bout d’un moment je pense. Peut-être que dans 30 ans on se dira qu’il faut faire une structure pour relancer notre truc, pour prendre des gros cachets.

F.C. : Je pense que tu te tires une balle dans le pied si tu fais ça trop tôt, tu ne pars pas gagnant.

Mr Nô : On a pas envie de se priver des clubs, même avec de la vidéo. Dans un petit lieu ce n’est pas énorme, mais il faut que ça soit là parce que c’est important. Quand t’es un artiste en développement, il faut jouer dans les clubs, dans des petites salles, un peu partout. Il y a le facteur du contenu qui est vachement primordial par rapport à la structure. On ne va pas théoriser là-dessus mais j’ai vu des lives avec des structures et ce n’est pas pour ça que c’est beau.

F.C. : C’est très illustratif.

Mr Nô : Le défaut d’une structure c’est qu’elle est là, qu’elle est figée. Ce qu’on aime dans un live c’est que ça soit un peu cosmique, que tu t’évades. Une structure c’est terre à terre. Daft Punk avait ce côté cosmique grâce au contenu mais sinon quand t’as un putain de cube de 9 par 9, c’est lourd.

F.C. : Ça ne passe pas dans toutes les salles. Même dans des grandes comme la Coopé, le cube de De Crécy, il a quand même du « mal » à passer. Il faut du recul, c’est limite. Quand tu es tout devant tu peux avoir du mal à apprécier ces choses là, même si c’est super, il faut reculer pour vraiment savourer le contenu vidéo.

Tu parlais d’Agoria et de son « Forms ». Il passe ton morceau « Onset » dedans.

Mr Nô : Ça fait un petit moment qu’il y a un truc avec Agoria. C’était le premier vinyle que j’ai acheté, la 11e Marche. Agoria c’était le nom de mon groupe de rock au lycée, c’est comme ça que je suis tombé dans la techno. Je suis allé chez un disquaire de ma petite ville, il m’avait filé un catalogue de PIAS et il y avait Different qui sortait Agoria. J’ai fait « Putain ça existe ! », du coup j’ai acheté et j’ai découvert la techno. Plus tard j’ai fait un morceau dans lequel j’ai samplé la 11e Marche, il l’avait remarqué.
Pour « Onset », on s’est rencontré à Europavox. Il l’a écouté, il a vachement aimé et il l’a joué à Benicassim. Il m’a filé la vidéo et puis là il y a le live à Rock en Seine sur Arte Live Web, c’est cool.

Plastikman (l’alter ego de Richie Hawtin) revient très souvent lorsque tu parles de musique. À quel point ce personnage t’inspire, t’influence ?

Mr Nô : Sa coupe de cheveux (rires). Je ne sais pas. Il nous inspire tous les deux avec Florian, musicalement et visuellement. Richie Hawtin, avec son projet Plastikman, ses productions, ses albums et ses lives, il a un espèce de truc ultime qui est un langage unique, finalement assez pointu mais qui est superbe et qui touche pleins de gens. Un peu comme Castelbajac et certains artistes. Plastikman il a ça je trouve.
Bien sûr il ne touche pas la ménagère de 50 ans mais dans la techno c’est quand même un méga pilier. Il a participé à la création de Beatport, de Traktor, il fait beaucoup de choses. Ce soir, j’avais un iPad avec une application qu’il a créée.
C’est vraiment un gars visionnaire. Sa musique me touche, c’est fort. Même en vidéo, ses visuels sont très minimalistes mais il y a ce qu’il faut.

Si tu en avais l’occasion, avec qui aimerais-tu collaborer (hormis Plastikman) ?

Mr Nô : J’allais dire bataille de mèche avec Plastikman. Ça c’est pareil, c’est un truc dont on parle souvent. Je ne suis pas trop collaboration parce que ce qu’il faut c’est développer ton discours, ton œuvre à toi. Si Plastikman avait fait des featurings avec untel, untel et untel peut être que ça n’aurait jamais été Plastikman. Tu peux développer différents projets mais sur ce projet-là je fais seulement quelques remixes, il y en a des bons qui vont arriver d’ailleurs.

Tes prochains projets ? Un 3e EP, un album ?

Mr Nô : Un 3e EP pour le show de Castelbajac. Pas d’album, parce que même si ça fait quelques temps qu’on avance sur le projet Mr Nô, ça ne fait même pas un an que j’ai sorti mes premières productions dans l’EP Snake. Ce n’est pas du tout le moment, il faut continuer de creuser notre sillon. On a encore plein de choses à expérimenter avant de vouloir tout figer sur un album. C’est beaucoup trop tôt.

Qu’est ce que tu écoutes ces derniers temps ?

Mr Nô : En ce moment avec le projet show de Castelbajac je me suis plongé dans les requiems. Ce n’est pas la joie car dans un requiem tu as une partie, le Dies Irae, qui est le chant des morts. J’en écoute pas mal même s’il n’y en a pas quinze mille.
Sinon dans les trucs légers il y a le premier album de Duran Duran. J’écoute un peu de sons dans la voiture, des fois je vais mettre Fun Radio ou bien Radio Classique. J’écoute aussi pas mal Impermanence d’Agoria, je trouve que c’est un super album, il y a une super homogénéité qui est rare. J’ai découvert Deadmau5 récemment, je n’aime pas tout, comme ses dernières productions qui sont trop commerciales mais il y a des morceaux comme « Facing Berlin » dont je suis fan. Je ne suis pas trop callé sur la scène electro du moment, nous on va écouter du Kalkbrenner, Agoria, Vitalic, les trucs que tout le monde écoute. Il y a Rebolledo aussi.

Ketchup ou Mayo ?

Mr Nô : J’aime bien la French Honey Mustard, ça défonce. Sinon je te dirais ketchup, mais quand t’as goûté à la French Honey Mustard, c’est vachement plus fin. Ketchup et mayo il y a un côté grossier. Tu as des sauces bien plus évoluées. Chez nous on peut faire des sauces au Saint Nectaire et là, tu ne dirais pas « Ketchup ou Mayo ».

F.C. : Je dirais Ketchupi. C’est un mélange de ketchup et mayo déjà prêt pour les enfants.

Mr Nô sera en live à Lille3000 le 6 octobre pour le projet « Fantômes » avec Jean-Charles de Castelbajac et de retour à Paris le 27 octobre au Nouveau Casino. Pour plus d’informations, ça se passe sur son site. Et si le travail de Florian Cardinale vous interesse, il suffit d’aller faire un tour sur son Tumblr.

Photos : soirée Boxon au Bus Palladium.
Merci à Benoît et Florian.