Phénomène de la scène indépendante, Fauve est l’auteur de chansons à textes. Sera-t-il également l’auteur de bons nombres de statuts Facebook d’ados dépressifs dans les prochaines années ?

L’engouement autour de Fauve ne cesse de croître. Ces garçons ont le vent en poupe : à l’affiche de bon nombre de festivals, il leur aura fallu seulement quelques minutes pour remplir 4 Flèches d’Or complètes et quelques jours pour le Bataclan.

Ce n’est pas une promo acharnée à base d’affiches dans les abri-bus qui est à l’origine de leur succès. Juste une poignée de morceaux distribués gratuitement sur internet, quelques petits concerts et le bouche à oreilles a fait le reste.

Lorsqu’on lit leur bio, on ne peux s’empêcher de comparer les 5 membres de Fauve à Breton ou Wu-Lyf pour le côté « collectif ». La comparaison s’arrête là car Fauve se classerait plutôt dans le rayon « chanson française » plutôt que dans « rock ».

Leur musique calme et dépouillé utilise un schéma classique : une ligne de basse, des percussions, quelques cordes, du piano. La force et l’intérêt de Fauve résident dans leurs textes poignants, parlés avec rage par une voix familière. Une diction parfaite, un timbre parfois cassé et enroué, et nous voilà noyés dans les « nuits fauve ».

De la scénographie, en passant par les pochettes ou les clips, Fauve se cache derrière le signe de la différence : . Facilement reconnaissable, symbole fort, ce signe colle bien à l’idéologie que le groupe essaye de transmettre. Une image entretenue à l’instar d’une marque.

Et ce cocktail fonctionne. En plus de leur succès en billetterie, le clip (ou court-métrage) de « Blizzard » a rapidement fait le tour des médias lors de sa sortie. On ne compte plus le nombre d’articles qui le relais et l’applaudissent.
Mais voilà, du projet Fauve, on a finalement pas entendu grand chose. Au delà de l’image, des concerts, du buzz, que reste-il ? Seulement 4 morceaux pour juger. Autant dire que cela est bien mince. Tout ce bruit n’est-il pas exagéré ?

Un album, une carrière, cela va bien au delà de quelques morceaux sur Soundcloud. Ecrire des textes plaintifs pour « vider le trop plein » semble leur sourire, si bien que ce pourra toujours être le cas dans 10 ans. Dans cette optique on se retrouvera avec des artistes comme tant d’autres, qui se contentent d’une formule gagnante faisant d’eux un pur produit marketing. Un fond de commerce qui irait à l’encontre de leur « l’ennuie est un crime ». Le risque aussi serait de devenir une caricature d’eux même, un énième groupe dont les phrases seront réutilisé en statut MSN (rest in peace).

Que l’on aime ou non, au stade actuel, ces gars secouent la chanson française. Nous leur souhaitons d’aller loin et de ne pas perdre cette étincelle et cette fougue à laquelle nos oreilles se sont attachées.

Le premier EP du groupe, « Blizzard », sort le 20 mai prochain. Ce sera déjà un élément de réponse quand au futur de ces 5 lionceaux.