L’hiver terminé, Misteur Valaire est sorti d’hibernation direction l’Europe pour une petite tournée d’été. L’occasion pour nous de les rencontrer afin de savoir ce qu’ils nous réservent pour l’automne.

Que ce soit avec “Friterday Night” qui était distribué gratuitement ou avec “Golden Bombay” qui participait à poser les pierres du pay what you want, Misteur Valaire a toujours poussé l’originalité et l’innovation au delà de leur musique. Une façon de voir les choses et des démarches intéressantes.

En tournée de rodage pour leur nouveau live, les trublions de Misteur Valaire ont profité de la Fête de la musique pour faire un saut (même plusieurs) à Paris pour un concert gratuit sur l’esplanade des Invalides. On a profité pour discuter avec eux de leur nouvel album prévu début octobre, de leur nouveau live ainsi que de nous en dire plus sur leur vision de l’industrie musicale et de leur plateforme Ghoster. C’est sous une unique voix que Jules, To, DRouin, Luis et France ont répondu à nos questions.

Vous allez bientôt sortir votre album “Bellevue”. Vous pouvez nous en dire plus ?

L’album est terminé et c’est toujours aussi difficile de le décrire. Il faut dire que passer 6 mois avec la tête dans un projet fait en sorte qu’on est sûrement ceux avec le moins de recul sur ce projet ! Toutefois on sait que c’est l’album le mieux réalisé. On a vraiment pris les moyens de bien le fignoler. Pour la composition, on s’est retrouvé à la campagne. Chaque matin on se donnait un tempo et une tonalité. On composait des trucs chacun de notre côté le jour et le soir on sortait la bière et jammait toutes les idées en voyant si des trucs pouvaient se combiner. C’était la première fois qu’on fonctionnait de cette façon.

Le premier extrait “Bellevue Avenue” est très calme malgré les cuivres. C’est également un morceau instrumental. Est-il représentatif de l’album ?

Ce premier extrait est une sorte d’introduction au reste. Comme d’habitude l’album est plutôt éclectique et voyage par plusieurs moods. Bellevue Avenue était celle qui nous semblait la plus apte à introduire le reste, ce n’est pas un vrai single comme ceux qui suivront et elle n’annonce pas nécessairement le son de l’album mais on voulait quand même la sortir en premier pour introduire le reste. C’est le morceau le plus vaporeux de l’album.

Votre musique alterne et mélange les genres. Du jazz évidemment, mais également du rock, hip hop ou de l’electro. Quelles sont vos influences et d’ou viennent-elles ?

On écoute tous beaucoup de sortes de musique. Comme on compose toujours à 5, toutes les influences finissent par s’entremêler. Notre instrumentation nous permet d’explorer tous ces styles de musique. L’influence du jazz se faisait surtout sentir quand on était à l’école. On a débuté en tant que quintette de jazz et c’est dans ce domaine qu’on a étudié, après l’école ce bagage nous a permis d’explorer les autres sortes de musique qu’on consomme.

Pour “Bellevue” vous avez mis en place Ghoster, une formule d’abonnement de soutien. De quoi s’agit-il ?

C’est une façon de nous soutenir de façon mensuelle en échange de contenu et d’événements exclusifs. Le but de Ghoster est d’éviter les intermédiaires et d’engager un vraie communication avec ceux qui consomment notre musique. Le but est de toujours continuer à fournir plus de contenu au lieu de se demander comment financer ce contenu. Ceux qui nous soutiennent à 3$ ont accès à du contenu audio et vidéo soit en primeur soit en exclusivité. Ceux qui nous soutiennent à 9$ ont accès à ce même contenu exclusif ainsi qu’à des événement privés ou à des spectacles gratuits. Ils peuvent aussi prendre part à différentes décisions du groupe.

Cette démarche est nouvelle sur internet, seulement une petite poignée d’artiste s’est lancée. Ça ne vous a pas inquiété de tenter l’aventure sans avoir de retours d’expériences ?

Non, on a toujours tenté de nouvelles expériences pour essayer de contrer la baisse des ventes de disques. Internet pour nous est une très belle opportunité de se rapprocher de notre public, d’être créatifs non seulement dans la musique mais aussi dans la mise sur le marché. Au lieu de restreindre on a toujours tenté de s’adapter à la consommation des gens, il n’y a donc rien d’apeurant là dedans !

Comment vous est venu cette idée ?

En étant en studio pendant 6 mois on s’est dit qu’il était ridicule de n’avoir aucun revenu pendant cette longue période de création. On a donc cherché le meilleur moyen de pouvoir créer en tout moment sans aucun intermédiaire.

“Friterday Night” était distribué gratuitement, “Golden Bombay” en Pay What You Want. Comment se passera la distribution du nouvel album ?

On gardera le Pay What You Want mais en ajoutant Ghoster pour nous « consommer » de façon plus complète ! Le disque et les plateformes web comme Deezer, Itunes, etc. sont aussi toujours utilisées mais nos énergies sont surtout mises sur nos propres plate-formes.

Pensez-vous que le web est la solution pour relancer l’industrie de la musique plutôt que la répression ?

Complètement. Dans quelle industrie on essaie de punir pour une consommation au lieu de suivre cette façon de consommer ? La musique s’est toujours consommée en la jouant et on revient à cette base. Les principaux intéressés à obliger l’achat de disque et la limitation du partage sont ceux qui vendent ces disques et non ceux qui la créent. Le web est un outil ultra efficace pour rejoindre les gens et on devrait concentrer nos énergies sur la manière la plus efficace d’en profiter au lieu d’essayer de punir le partage qui s’y trouve.

Vous avez joué le nouvel album en avant-première intimistes lors de deux concerts à Montréal pour les abonnés sur Ghosters. Les retours ont-ils été bons ?

Oui ! C’était sans aucun artifice, habillés en civils et les chansons sortaient tout juste de notre studio alors nous étions plus en mode concentration qu’en mode déchaînés! Par contre les gens étaient super réceptifs et le « party a pogné » quand même ! Ça nous a donné beaucoup d’idées pour le prochain spectacle qu’on sortira en septembre.

Et donc, ce nouveau live, que nous réserve-t-il ? L’énergie et les slams (crowd surf) en trompettes seront-ils encore présents ?

Bien-sûr ! Notre mandat demeure de donner une énergie au public, de les encourager à s’amuser. Dans la composition du nouvel album on a gardé en tête que certaines pièces devaient servir à faire lever le show encore plus. On a un bon potentiel de spectacle, on le rode actuellement en France et ça nous donne beaucoup d’idées, le mois d’août servira à améliorer le tout et à y ajouter un concept d’éclairage et de mise en scène.

Ce n’est pas votre premier passage en France, comment trouvez-vous le public de l’hexagone ?

Le public français nous rend la tâche facile ! Il est très expressif ! Pas toujours « tight » et ordonné mais pour nous une foule où c’est déjà le bordel à la deuxième chanson ça nous donne juste plus d’énergie pour la suite. Les français s’expriment à la fois en foule mais particulièrement au niveau individuel en plus ! Il n’est pas rare de voir quelqu’un monter sur scène pour faire partie du spectacle !

Pendant vos concerts vous distribué des cartes de téléchargements. A quoi servent-elles ?

À ramener des gens sur le www.mv.mu pour les encourager à télécharger nos albums s’ils ont aimé le live. S’ils téléchargent un album, on a leur mail et on sait où ils se trouvent, ça implique qu’on a plus de facilité à revenir jouer dans les territoires où les gens nous téléchargent.

Ketchup ou Mayo ?

Relish…? (le groupe essaye de se mettre d’accord). Non non Mayo. Mayo aussi. Mayo. Pareil. Mayo aussi.
Et vous ?

Ketchup !

Ketchup!?? Quoi??? »

Misteur Valaire sera de passage en France durant l’automne pour faire vivre leur album “Bellevue” sur scène, notament à Paris au Pan-Piper le 1er octobre. Pour patienter, leur EP “Don’t Get Là” vient de sortir avec un remix de 20syl ! Et pour soutenir le groupe, rendez-vous sur Ghoster.

Merci à Jules, To, DRouin, Luis et France et également à Hanieh.