Le rappeur aquatique Hippocampe Fou sort son premier album, °°Aquatrip°°, le 28 octobre, à cette occasion nous lui avons posé quelques questions pour mieux cerner ce rappeur atypique qui sera bientôt sur toutes les ondes sous-marines.

On a l’impression que cet album a été conçu sur un court laps de temps …

En fait, mis à part « Le dindon », le morceau le plus ancien que j’ai sur l’album c’est « Retroman », c’est un texte que j’ai fini d’écrire été 2011. J’ai sorti ma Net Tape Aquatique en octobre 2011, j’avais quelques idées, thèmes et concepts pour mon album et je me suis fixé une date limite, je me suis dit qu’il fallait que j’ai dix morceaux pour mars 2012 et une quinzaine pour juin. Et effectivement, en juin 2012, j’avais écrit et maquetté presque tous les morceaux de l’album. En gros j’ai mis un an à le concevoir puis un an à le finaliser, tout en sortant régulièrement des morceaux pour faire patienter les gens.

C’est assez rapide !

Ouais, après je ne suis pas beatmaker, je ne compose pas mes instrus, pour l’instant en tout cas ! Donc c’est forcément moins long.

Tu te consacres à l’écriture exclusivement

C’est ça, je récupère des instrus qui sont déjà assez élaborées, et puis après je me les approprie. J’aime bien partir de l’instru pour écrire mon texte, il arrive que j’ai des thèmes prédéfinis et que je cherche l’instru qui va bien coller, mais la plupart du temps, j’écoute l’instru en premier et je me demande ce que je pourrais raconter là-dessus ! Je cherche, je cherche, puis j’trouve une phrase, une connerie et j’me dis : “Ah mais ouais ! C’est ça le thème que je veux !”.
J’aime bien écouter de la musique pour écrire, même sans parler de rap, à l’époque j’ai écrit des petites nouvelles, mais ça reste confidentiel, je ne sais pas si ça mérite de sortir ! Et à cette époque j’écoutais des morceaux de musique classique, impressionniste, contemporaine, des trucs qui stimulaient mon imagination et exacerbaient mes émotions.

Donc tu écris beaucoup par rapport à la musique et paradoxalement tu as commencé par le slam, donc de manière a capella

Le truc c’est que je faisais des études de ciné, et que parallèlement à ces études je participais à des soirées slam sur Paris, dans des lieux comme l’Entrepôt dans le 14ème, c’est dans ce lieu que j’ai fait ma première soirée slam. J’avais rencontré le slameur Dgiz sur le tournage d’un court-métrage dans ma fac, qui m’avait proposé de venir à une soirée. J’en ai fait quelques unes et j’ai eu des bons retours mais je me suis dit que je voulais faire du cinéma avant tout. Puis j’ai fini mes études et j’ai vu que c’était complètement bouché le milieu du cinéma, faut vraiment avoir un minimum de contact, ce qui n’était pas mon cas. C’est là que je me suis dit qu’avec tous les bons retours que j’avais eu aux soirées slam, j’pourrais essayer de faire du slam, du rap ! Enfin à l’époque, je choisissais l’appellation slam pour mes beaux-parents, ma mère, tout ça ! Ça passait mieux parce qu’à l’époque c’était l’essor de Grand Corps Malade, ils allaient se dire : c’est calme, c’est posé, c’est pas le cliché du rappeur, c’est pas…

… c’est pas gangsta !

Voilà exactement ! C’est pas gangsta. Donc du coup j’avais cette envie, et au fur et à mesure dans mon écriture j’ai vachement développé le flow, c’était quelque chose de très important pour moi, la forme. Au départ, je faisais plus des textes où l’important était le contenu et l’interprétation. Mais très vite, il m’a manqué la musique, l’envie de me caler sur la musique et de réaliser des prouesses techniques, parce que c’est une chose que j’arrivais à faire avec facilité. J’ai commencé à écrire à 18 ans. Et à 18 ans, l’inventivité, l’imagination étaient là mais niveau flow, c’était pas gagné, j’étais loin de ces mecs à la Nekfeu qui arrivent à 19 piges avec des flows de guedin ! Moi je rappais même pas à 18 piges, et en gros j’ai bossé, j’avais envie de maîtriser ! Et au final le truc que j’arrivais le plus facilement c’était le débit. Le débit c’est une chose que j’ai toujours eu facilement. Quand j’dis que c’était pas gagné, c’est pas une question de rapidité, c’est plutôt une question de bien se caler dans la rythmique ! C’est un truc qu’il fallait que j’expérimente, de bien groover dans la rythmique. Je calculais déjà un peu les mesures et je rappais dans le temps, mais c’était pas fluide tout simplement. Par contre le débit je l’ai toujours eu, et je me suis dit qu’en France il y avait peu de gens qui débitaient rapidement, à part Leeroy et Féfé. Depuis il y a pas mal de mecs qui ont émergé comme Kenyon, Hayce Lemsi ou d’autres !

Ou comme avec PMPDJ ? Même si c’est encore un autre genre

Ouais voilà avec Grems, même si c’est différent. Moi j’ai découvert assez tardivement Grems avec son album « Sea, Sex and Grems ». A l’époque j’avais écouté le titre qu’il avait fait avec les Foreign Beggars, « Gash » et je m’étais pris une grosse grosse claque ! Pour moi c’était vraiment novateur, ils utilisaient des schémas de rimes que je n’avais encore jamais entendus, c’était ouf. Mais en tout cas pour clôturer la question du slam, en gros j’ai commencé par des soirées slam, c’était ma première confrontation face à un public, et c’était assez jouissif ! Il y avait des réactions, des gens qui rigolaient, des gens qui étaient émus ou qui poussaient la voix si je faisais un truc technique. Mais après le besoin de musique et de marier mes mots à la musique a fait que j’ai mis le slam de côté. J’continue de faire des a capellas, mais maintenant je suis plutôt rappeur. Quand on me demande slameur ou rappeur, je dis rappeur aquatique. Aquatique pouvant être rattaché à chimérique et poétique.
Le terme rappeur me pose toujours un problème. Quand je parle à des connaisseurs, j’dis juste que je fais du rap, mais quand je parle à des personnes qui ne connaissent le rap que par les médias, je me sens toujours obligé de me justifier : « je fais du rap, mais différent de ce que tu connais ! » J’essaie d’expliquer, et au final je trouve que cette étiquette de rap aquatique interpelle les gens et c’est une manière de dire que c’est plus doux, plus posé, plus fantastique !

Justement, je voulais te demander si tu pouvais nous définir ton concept de rap aquatique.

Alors en fait ce rap aquatique je l’ai trouvé, enfin il s’est présenté à moi parce que j’ai choisi le pseudonyme d’Hippocampe Fou. Lorsqu’en 2010, j’ai travaillé mon premier EP « Vaccin contre l’automne », j’voulais une imagerie assez marquée, j’me suis dit que j’allais partir dans un délire aquatique, sous-marin. Mes morceaux ne reflétaient pas spécialement cet univers aquatique, il y avait pas spécialement de sons de baleine, ni de sirènes, enfin, je sais pas quel bruit font les sirènes ! En tout cas c’était surtout visuel dans un premier temps. Et puis après je me suis pris au jeu, pour mes concerts je disais : concert aquatique ! Et puis c’est devenu : aquashow. A côté de ça y avait : aquabonjour, aquamerci… et je voyais qu’il y avait des retours de mes potes du style : ”putain tu fais aquachier avec tes aquamachins partout, va te faire aquagang banguer par des requins blancs !” mais au final ils me répondaient eux-mêmes : ”aquacool” dans leur mail ! Donc j’me suis dit que ça restait un peu dans la tête des gens… Et de ça j’ai dérivé, j’ai sorti la Net Tape Aquatique fin 2011, et là par-contre je me suis dit qu’on allait rester le plus possible dans une imagerie aquatique, surtout dans les clips. Même si le clip ne se passe pas dans une piscine ou à la mer, il faut toujours un élément, une petite chose, qui justifie l’appellation d’aquaclip. Et en fait, après je me suis vraiment pris au jeu, et désormais l’album s’appelle °°Aquatrip°°, donc là j’insiste vraiment sur le fait que c’est du rap aquatique et que je fais des aquashows. D’ailleurs normalement mon album, c’est un aqualbum, mais je trouvais que c’était un peu lourd : mon aqualbum Aquatrip donc je préfère dire mon °°Aquatrip°° !
Donc ça c’est pour le côté visuel du délire. Mais après pour tout ce qui est musical et au niveau des lyrics, je me suis dit qu’au final j’avais pas envie de faire un album entier qui se passe sous la mer où il y a que des aventures entre Bob l’éponge et la Petite Sirène mais que j’allais essayer d’en disséminer tout le long des tracks et au final, c’est plus une espèce de voyage aquatique dans mon imaginaire et dans mes propres angoisses.

Dans les abysses de ton esprit !

Exactement ! Dans mes souvenirs, parce que dans un album je pense qu’il faut mettre un peu de soi. Sinon, tu peux vite tomber dans le superficiel ou alors complètement dans l’imaginaire et un moment perdre les auditeurs. Au final sur mes 14 titres, y en a bien la moitié qui se base sur des expériences réelles. J’ai un morceau qui s’appelle « Nul en sport », j’suis vraiment nul en sport ! Et ça parle un peu de piscine dedans donc ça reste aquatique. Mais en tout cas ça reste une manière de se livrer, en emmenant les gens dans un univers particulier via les textes, le visuel et la musique bien sûr. Pour mon album, j’avais envie de bosser avec différents beatmakers et de mélanger leurs styles au sein d’un même projet. Même si je respecte ceux qui font ça, moi ça ne me ressemble pas de faire un album avec le même beatmaker du track 1 au track 14. Moi ce que j’aime bien, c’est collaborer avec des gars qui vont traiter les sons différemment, des batteries old school pour certains, et d’autres plus bizarres avec des rythmes inhabituels. Comme ça je peux expérimenter des flows, parce qu’au final dans le rap il y a beaucoup d’artistes qui restent figés dans le 90 BPM, dès que ça part sur 120, ils vont dire que c’est de la house. Heureusement, il y a de plus en plus de mélange, le rap évolue, on voit des projets comme ceux de Stromae ou Orlesan qui contribuent à la diversité musicale et rythmique du phénomène, sans même parler de Grems, qui a expérimenté plein de rythmes avant tout le monde. Quoi qu’il en soit, moi, j’aime trouver des flows intéressants et novateurs, prendre des risques, ne pas toujours utiliser la même formule, ne pas m’ennuyer en réécoutant mon travail. J’pars du principe que je suis le premier auditeur de ce que je fais, donc si moi ça me fait chier, les gens on n’en parle même pas, donc je suis assez radical. Au final j’ai dû faire une vingtaine de morceaux, et il y en a que 14 sur l’album, les autres sont passés à la trappe et il y a un que je garde pour un prochain projet. J’espère avoir répondu à ta question !

Ouais bien sûr ! Et je voulais dire aussi que le rap aquatique c’était aussi une façon de définir ton flow qui ondule comme les vagues

J’ai essayé de ne pas répondre ça parce que je le dis à chaque fois, mais effectivement, c’est pour le côté formel, et au niveau de la voix, c’est le fait d’onduler, comme tu dis, le terme est bon d’ailleurs, je vais te le reprendre parce que à chaque fois je dis que le flow coule et tout, onduler c’est plus joli ! C’est bien trouvé ! Parce que « coule » ça m’évoque des trucs sexuels ou scatos, « ondule » c’est bien. Tu peux dire un texte de tellement de manières différentes, sur plein de type de beats, moi j’aime bien expérimenter. A chaque mesure, j’ai 100 chemins face à moi, faut juste s’arrêter sur une forme, sur une manière de poser ta phrase. J’aime bien varier les flows mais j’essaye de trouver un truc qu’on puisse retrouver dans les morceaux : groover et onduler sur le beat, quitte à faire des trucs qui soient un peu en apnée.
Au final, quand tu vas scander une phrase comme ça, à un moment, il faut que tu t’arrêtes pour prendre ta respiration et pouvoir continuer. Moi j’aime bien cette idée qu’on sente pas la respi dans un morceau. Donc je travaille pas mal les petites respirations brèves pour que ça s’entende pas forcément, et puis en live je bosse avec Céo qui me back super bien, qui fait souvent des deuxièmes voix sur les refrains et chauffe le public pendant que je reprends mon souffle. Le fait d’être à deux c’est plus cool ! Ça me permet de faire des longs passages sans respirer et lui il va juste me backer deux ou trois mots à un endroit et après c’est reparti pour de l’ondulation ! Du coup j’essaie de m’adapter dans les mouvements et la gestuelle sur scène, parce qu’à une époque j’étais plutôt tendu de la main, j’avais tendance à appuyer un peu trop mon flow. Donc là même quand ça va vite j’essaie d’être dans la fluidité. Tout est lié, plus tes mouvements sont fluides et plus ta diction l’est.

Tu disais que tu aimais pas trop l’appellation rappeur, car c’était mal perçu par ceux qui connaissent pas trop le milieu…

Oui, c’est pas vraiment que j’aime pas l’appellation de rappeur, mais par exemple quand j’vais chez le médecin, comme la pédiatre de ma fille, quand elle me demande ce que je fais dans la vie, je dis :”Je suis rappeur, je fais du rap aquatique.” Voila ma réponse type ! Parce que si je dis que je fais du rap tout court, j’vais être obligé de me justifier. Il y a des choses magnifiques qui ont été faites dans le rap, mais ce qui est médiatisé, et ce que les gens entendent le plus ça reste quand même des clichés. Au final, le rap que j’aime c’est celui qui me parle et qui me touche. Et dans le rap qui m’a influencé, il y a plus ou moins deux clans, y a d’un côté ceux qui ont un flow, une voix de ouf comme Busta Rhymes, Redman, ODB, Rocca, Leeroy ; et de l’autre ceux dont l’écriture et l’imagination me fascinent comme R.Wan de Java ou IAM sur leurs premiers albums, ce sont des rappeurs que j’écoutais pour ce qu’ils racontaient, le flow c’était limite secondaire.

Mais est-ce que tu essayes de trouver un juste milieu entre ces deux clans ?

Justement, à la base je me disais ce qui compte c’est le contenu c’est de raconter des choses originales. Puis après j’me suis dit, mais non, le flow j’adore ça, c’est la base ! J’ai eu différentes phases, dans lesquelles je me focalisais énormément sur le texte, sur le fond et puis d’autres, où, souvent après avoir écouté un rappeur américain ou anglais avec un flow de ouf, je bossais essentiellement la forme, le flow. Donc sur cet album, j’ai tenté de faire en sorte que ce soit technique tout en racontant des choses intéressantes et originales susceptibles de toucher des gens même s’ils n’ont jamais écouté de rap ! Faire du rap pour les rappeurs, j’trouve ça un peu fade, le rap qui parle de rap, ça m’ennuie pas mal.

C’est un peu ce qu’il se passe aujourd’hui, les sujets privilégiés sont ceux qui parlent de la discipline. Et ce que je trouve intéressant chez toi c’est que tu vas toujours présenter ton univers et parler très peu de rap, sauf si c’est sur scène pour un freestyle ou autre

Voilà, après moi j’explique ma vision des choses, et encore une fois je veux froisser personne, les mecs qui défendent la culture hip hop dont le rap fait partie, qui disent que le rap est un moyen d’évasion, et y a de très beaux textes qui parlent du fait d’écrire et d’être rappeur. Mais cette façon de penser, de rester dans un mouvement très hip hop qui s’ouvre pas trop, je trouve ça parfois un peu ridicule j’ai l’impression que les mecs sont restés figés dans une époque, qui n’est plus d’actualité. C’est un état d’esprit qui me semble un peu démodé. En tout cas je respecte ces personnes, mais j’ai pas envie d’y prendre part. J’ai commencé à écouter du rap assez tardivement et aux débuts j’étais pas le mec avec son ghettoblaster sur l’épaule, j’ai pas suivi le mouvement. J’ai découvert le rap des années 80-90, à un moment ou en France, sur le devant de la scène tu avais Booba et Rohff. J’écoutais Mc Solaar, et je me sentais un peu nostalgique, comme les groupes récents qui se sont replongés dans des formes de flow et des discours très oldschool. Au moment où Booba et Rohff étaient sur le devant de la scène, il y avait quand même des groupes comme Le Klub des Loosers, TTC, La Caution, Java qui proposaient un discours alternatif, qui parlaient de sujets qu’on avait pas l’habitude d’entendre. Je me suis dit qu’on était dans une nouvelle ère où on pouvait parler de ce qu’on voulait, et que le rap était juste un moyen d’expression, que c’est pas parce que tu fais du rap que tu portes un ghettoblaster ! Bref, il faut savoir d’où vient le rap, faut pas débarquer de nulle part, il faut un minimum de culture hip hop, mais après t’en fais ce que tu veux !

J’trouve aussi qu’il y a quand même peu de rappeurs qui proposent un univers complet qui leur est propre…

Moi, ce sont ces gars là que je recherche, en tant qu’auditeur de rap français, des mecs comme Orelsan qui avait son univers de looser qu’il a su faire évoluer et, quand j’ai écouté son deuxième album, j’ai pris une grosse claque, il y avait des thèmes qu’il n’avait jamais abordés. “La petite marchande de porte-clefs”, “Suicide social”, “Elle viendra quand même”, je me suis dit qu’il avait mûri sans perdre complètement son côté impertinent.

Dernièrement on t’a vu à pas mal de concerts, en tant qu’invité ! On a pu te voir au concert de Phases Cachées, t’as fait une apparition à celui de l’Animalerie, tu fais partie du dernier Süre Mesure de Grünt. Y a comme un engouement autour de toi en ce moment, tu le prends comme une récompense ?

Carrément ! J’ai eu la chance de collaborer avec pas mal d’artistes récemment. Phases Cachées m’avaient invitées pour un morceau avec aussi Pumpkin, c’était mortel. Le freestyle avec l’Animalerie, c’était pas prévu. J’avais joué à Lyon trois jours avant, je devais voir Oster (Lapwass) et Lucio (Bukowski) et je les ai pas vus, j’ai juste vu Anton (Serra), et lui ai que je passerai à leur concert à Paris mais on n’avait rien prévu. Au final, Céo et moi, on s’est retrouvés avec Kacem (Wapalek) dans le public et il nous a dit : ” Venez kicker ! Qu’est-ce vous faites dans le public ?!” donc du coup j’ai kiffé, j’ai pas eu besoin de quémander le micro !
Süre Mesure c’est encore autre chose, c’est par l’intermédiaire d’un des animateurs de Nova, qui fait aussi du rap et que Céo m’a présenté. Ça faisait un moment qu’il suivait ce que je faisais et il m’a dit : ” On va faire un Süre Mesure et on voudrait des gens avec des univers bien différents.” Du coup, je me suis retrouvé avec le bouillant Nemir, Yoshi, C.Sen, Pandor et Joe Gee ! J’ai vu ça comme un pur moment de partage et une mise en avant aussi.

Si t’étais à ma place qu’elle est la question que tu voudrais absolument que je te pose ?

Une question que je me poserais à moi-même … euh, pourquoi Hippocampe Fou ? Ahah ! Non, j’déconne parce que celle-là j’en peux plus ! Mais respect à tous ceux qui m’ont posé cette question quand même, que je me brouille avec personne. Ah, je sais pas ! Je devrais réfléchir à ce genre de trucs pour avoir une bête de réponse ! Peut-être : Quels sont tes films préférés ? Histoire que je sorte ma liste.

Je voulais te poser une question sur ça d’ailleurs, tu as fait des études cinéma à la base, et y a toujours beaucoup de visuel dans tes projets, que ce soit dans tes vidéos ou dans tes clips. Est-ce que c’est toi qui réalises tes clips? Ou alors si ce n’est pas toi, est-ce que tu as toujours l’idée du clip au moment d’écrire le morceau ?

Ouais, je vais dire les trois quarts du temps ! Il y a quelques fois où j’ai aucune idée de clip pour un morceau donc je le soumets à des gens avec qui j’ai envie de bosser, en leur demandant s’ils ont une idée. Mais quand même les trois quarts du temps, j’arrive avec le morceau, et un concept, par exemple pour « Retroman », le projet initial c’était de prendre des cartes postales en noir et blanc et de rajouter de l’animation dessus. J’ai soumis l’idée à Anaël (Bouin) qui est quelqu’un de brillant qui a plein d’idées géniales, et du coup on a trouvé une manière d’illustrer chacune des phases sans que ça soit trop redondant entre le texte et l’image. D’autres morceaux comme celui du Lama c’était avec mon pote Lolo que je vois assez régulièrement et qui maintenant est scénariste, l’idée c’était de faire un plan-séquence. J’aime bien avoir le concept avant, parce que je suis d’autant plus fier du résultat du clip, je m’en soucie beaucoup. Et quand je donne les pleins pouvoirs à une personne, derrière je garde toujours un oeil dessus je donne mon avis au maximum. C’est vraiment mon truc et j’espère toujours à un moment pouvoir réaliser mes films ou faire du montage, j’en ai fait pas mal avant c’est une histoire de rythme qui finalement est assez liée au flow et au rap, à la musique en général ! Les vidéos, en tout cas, c’est mon petit moment de plaisir, c’est ce qui fait que je m’ennuie pas, parce que si je faisais que du studio et des concerts, je pourrais m’ennuyer un peu parce qu’il me manquerait ce truc du tournage, j’adore ça ! C’est un autre processus créatif.

Et le clip c’est également un support qui se partage plus facilement…

Bien sûr, c’est le côté positif de ce média, de la vidéo qui est plus facile à partager sur les réseaux sociaux au même titre que les photos. Le son sera toujours plus écouté… enfin j’ai envie de dire entendu, parce que écouté c’est une autre affaire ! Mais en tout cas il sera toujours plus entendu s’il est accompagné d’une vidéo que seul sur Soundcloud ou autre. Mais là où je suis content c’est que justement j’ai balancé deux morceaux sans clip, “Aquatrip” et “Hymne au Cinéma”, et j’ai eu de très bons retours. J’avais un peu peur avant de les mettre en ligne, parce qu’à chaque fois, je sortais des sons avec vidéo, mais j’ai eu de très bons retours sur la musique et les textes. L’idée pour l’album c’est quand même d’avoir des morceaux suffisamment bons pour que tu puisses juste les écouter. Et comme j’ai pas le budget pour clipper 14 morceaux, j’ai choisi d’en clipper certains, et pour les autres je me dis que l’audio et l’imagination des auditeurs suffiront.

Dans tes textes, y a toujours assez de description pour qu’un visuel se crée lorsqu’on l’écoute.

Imaginons que tu fais un texte de science fiction, avec des aliens et des zombies dans un contexte post-apocalyptique et que ton morceau crée une ambiance de ouf ! Et tu as 1000€ pour réaliser le clip, c’est chaud, tu peux toujours te débrouiller, faire comme plein de grands réalisateurs qui avec peu de moyens ont fait des films mémorables, mais t’es un peu obligé de trouver des solutions cache-misère. Donc au final un morceau comme celui-là a plutôt intérêt à rester la super-production mentale que l’imagination de chacun peut créer !
Quoi qu’il en soit, j’ai récemment collaboré avec un réalisateur que je trouve génial, David Freymond. C’est lui qui a réalisé, il y a quelques années, l’excellent clip de Hold your Horses « 70 Million », un pur bijou d’inventivité. Il a réalisé l’aquaclip d’un des titres de mon album : « Le marchand de sable », ce sera bientôt en ligne, j’en dis pas plus.

Sur le même modèle que ton morceau “Plus ou moins”, j’vais te demander de choisir en deux propositions.

Tu préfères un Aquafeat avec La Fouine ou avec René la Taupe ?

Ahah, c’est pas facile ce que tu me demandes ! Moi je voudrais pas froisser René la Taupe, ça se trouve il est très susceptible. J’ai envie de dire ni l’un, ni l’autre ! Sans justification.

Tu préfères une partie de Master System ou écouter du Magic System ?

Ah c’est dur ça ! Disons que quand je joue à la Master System, parce que j’ai une Master System qui traîne dans la maison de mes grands-parents, je pourrais potentiellement écouter du Magic System en jouant à Sonic, comme ça tout le monde est content ! Mais j’allumerais d’abord la Master System avant de mettre le cd. Je le mettrais dans un second temps.

En tant qu’initiateur du rap Aquatique, tu préfères être réincarné en cachalot ou avoir un rencard avec Roselyne Bachelot ?

J’préfère être réincarné en cachalot là par contre, j’aime bien ce délire d’être super fat, et éventuellement avoir un Pinocchio ou un Gepetto dans le ventre, je trouve ça pas mal.

Ketchup ou Mayo ?

Ketchup ! Désolé, y a beaucoup de gens qui aiment la mayo, ahah, je veux pas les vexer mais j’suis ketchup !

°°Aquatrip°° sera disponible le lundi 28 octobre. Hippocampe Fou ondulera sur scène avec ses acolytes Céo et Deska le 7 novembre à la Bellevilloise, ils partageront cette soirée avec Phases Cachées, Yoshi, Gaiden, Géabé
et Dirty Zoo.

Photo vignette : Bertille Chéret / Photo bannière : Florent Massard / Aquapochette : Céo et Denis Dubois