Après avoir vu Saint Michel au moins un milliard de fois sur scène, nous sommes allé à la rencontre d’Emile et Philippe, à Versailles, afin d’en savoir un peu plus sur les auteurs du rêveur “Making Love and Climbing”, premier album du groupe.

Salut, vous allez bien ?

Philippe : Ouais.

Emile : Ça va très bien.

Philippe : On revient d’Angoulême là. On a dormi dans un motel américain, on avait une piaule qui donnait directement sur le parking. Grosse ambiance, c’était stylé. On vit des choses fortes.

Votre nom de groupe fait référence à l’archange Saint Michel, symbole fort de la religion chrétienne. Un thème pas toujours drôle et encore moins enfantin. Votre musique elle, est simple et candide. Était-ce volontaire d’avoir un nom de scène et une patte musicale en contradiction ?

Philippe : On a pas choisi ce nom parce que ça a une racine chrétienne mais parce que ça fait “Made In France”.

Emile : Le coté enfantin est venu dans la musique, on l’a commencée avant de trouver le nom en fait.

Philippe : Mais du coup on s’est amusé à regarder toute la hiérarchie jusqu’à Dieu et l’archange Saint Michel est hyper bien placé, il a presque un pass “all access”. Bref, on voulait un truc français, très culturel, poétique et un peu déconnant pour nous.

Dream Koala et Lifelike vous ont remixés sur l’EP Katherine. Vous pouvez nous parlez d’eux ? Pourquoi les avoir choisi ?

Emile : Lifelike on l’a rencontré bien plus tard après la sortie de l’EP, on a bouffé une pizza avec lui. On a d’abord vu Dream Koala, on a passé plus de temps avec lui, on s’est croisé deux trois fois en soirée. Je me rappelle être allé le voir à l’International, c’était cool. On aime beaucoup ce qu’il fait et il était justement en première partie de notre concert au Nouveau Casino (ndlr : le 13/06/2013).

Philippe : On s’est un peu perdus de vue quand même.

Emile : Oui mais je crois qu’il a bougé aux Etats-Unis.

Il est à Berlin là.

Emile : Haha ok.

Philippe : Dream Koala c’est un choix personnel de notre part. Lifelike c’est par connexion, par l’équipe, les producteurs. On a vachement aimé ce que Dream nous a fait, on adore son univers mais c’est plus difficile à défendre ou à diffuser en club. Le remix de Lifelike a bien plus tourné d’une manière générale et de loin.

Emile : Ouais c’est très sobre et très efficace. Dream Koala passait son propre remix dans ses lives, notamment celui de sa Boiler Room. Ça nous a donné de la visibilité et nous a relié à un genre musical qui est assez différent du notre, même si on l’adore. C’est une musique que l’on fait aussi, chacun de notre côté, mais ça ne rentre pas dans le cadre du projet Saint Michel. Peut être qu’on le fera un jour pour sortir des sentiers battus mais on ne peut pas se permettre maintenant de prendre un virage à 180°.

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Alex Gopher a bossé avec vous sur l’album. Mais je veux revenir sur votre collaboration avec H5 pour Hello Inc.. Comment le projet de faire un EP dédié à l’exposition est né ? Est-ce une demande de H5, une idée de vous ou autre ?

Philippe : C’est une idée d’H5 oui. Ils ont démarché Alex en lui disant qu’ils voulaient faire une exposition puis il s’est tourné vers nous pour l’EP. C’est un très bon copain aujourd’hui, c’est presque un papa. Je le croise des fois en vacances, je me suis retrouvé avec ses gosses à la plage, on fait des barbecues, on mange des pâtes aux palourdes… Si vous avez l’occasion, sait-on jamais, demander à Alex d’en faire, elles déchirent. C’est un gars adorable. Il a donc fait le mixage de notre EP puis de l’album. Moi j’ai chanté pour lui. La collaboration pour H5 paraissait évidente.

Emile : Je pense que ça lui permet aussi de changer, de proposer autre chose en travaillant avec la voix de Philippe.

Philippe : C’est un featuring ! Rien ne sort en ce moment mais il y a des trucs qui sont en train d’être travaillés.

Emile : J’ai écoutés les morceaux, c’est super !

C’est pour Super Discount ?

Philippe : Non. Alex tourne encore un peu avec Etienne de Crecy et Julien Delfaud mais les morceaux c’est vraiment pour lui. Je peux pas trop en parler, je ne sais pas comment ça va s’organiser en fait. En tout cas il y aura d’autres “feat. Saint Michel”, sauf si il décide de tout jeter. “Allô ? Ouais en fait je viens de réaliser un truc, c’est vraiment de la merde, j’aime pas ta voix, c’est tout pourri.”

En croisant Emile au Divan du Monde (dans le cadre du Mama le 17/10/2013) on a parlé vite fait de Owlle qui est une de vos amies. Vous vous êtes rencontrés comment et surtout, avez-vous l’intention de travailler ensemble un jour ?

Philippe : On a déjà bossé avec elle, on a fait un remix pour son album “France”. On partage régulièrement des scènes, on était avec elle à Bordeaux et on rejoue avec elle à Belfort.

Emile : Oui on a encore 2 dates avec elle.

Philippe : On se croise régulièrement sur la route. Une collaboration c’est possible, c’est une histoire de cycle et de temps. On a sorti notre album, elle le sien, le remix qu’on a fait pour elle date d’au moins 1 an. C’est à voir sur les prochaines productions. Peut être qu’on refera un remix, peut être qu’elle fera un featuring pour nous, plein de choses sont possibles. En tout cas on l’apprécie, on se connaît de mieux en mieux. On aime beaucoup les musiciens avec qui elle joue notamment Antoine qui est aussi le batteur de Vitalic et particulièrement Richard qui est le gars qui l’accompagne. Il est super cool ce mec, à la foi adorable et un peu taré, il est très rigolo.

2014 a été une nouvelle étape pour le live. Ré-orchestration des morceaux, suppression de musiciens sur scène. Pourquoi avoir choisis de minimaliser le live ? Comment palliez vous au manque de staff avec vous sur scène ? (instruments, etc.)

Emile : En fait ça a changé plein de fois, notamment cette année. C’est un peu dur pour nous de mettre un truc fiable en place et qui nous plaît. Passer à 3 gars sur scène c’est pour que ce soit plus simple sur la route, c’est plus facile financièrement et surtout pour la logistique.

Philippe : On avait déjà commencé à 3 avant d’être plus. C’est notre tourneur qui a voulu revenir à 3 pour que ce soit plus minimal et plus efficace. Il y a un côté ergonomique car on va faire des festivals cet été. On a changé plein de fois d’équipe mais là il fallait vraiment qu’on revienne à quelque chose de simple pour avoir le temps de pratiquer et d’être prêt. Ça évitera de se manger des gros vents parce qu’on est pas préparés. Ça n’a pas été facile pour nous, que ce soit énergiquement et psychologiquement, surtout après avoir fait plein de versions différentes du live avec autant de musiciens. On était plutôt bien installés dans la formule qu’on avait à la Maroquinerie (ndlr: 5 membres sur scène le 12 Décembre 2013). L’équipe pensait que ça nous orientait peut être vers un truc trop pop et qu’il fallait qu’on trouve quelque chose de plus punchy et rentre dedans. Avec ce retour à 3 on a bien souffert, on a quand même niqué 2-3 dates, dont notre résidence au File 7, c’était vraiment terrible. Là on sort la tête de l’eau, on recommence à prendre du plaisir et à se dire “ouais en fait ne pas changer d’équipe tous les 3 concerts c’est génial !”.

Votre set-up a encore changé par contre entre le File 7 (24/01/2014) et la Flèche d’Or (05/03/2014). Par exemple, Emile tu avais un MS20 et maintenant tu as repris ton MPK25.

Emile : Ça aussi c’est une question de simplification et de logistique. Ouais on est musiciens et on adore toutes ces machines mais sur scène si t’as pas de staff pour t’installer le matos, pas 2h de balances, pas de mecs pour tester les instruments, ça devient vite une usine à gaz. Tu perds du temps, du coup l’ingé-son en à moins pour faire son taff et le petit plus que tu gagne en sortant tes vrais instruments tu le perds parce que t’as pas le temps de le travailler.

Philippe : Peut être qu’on ressortira le MS20, c’est vraiment pas le truc le plus chiant à installer. Mais au départ on se disait qu’on aller cleaner la scène de façon drastique, d’être le plus simple possible. Comme on loop la voix, la guitare, le Juno, l’ordinateur qui balance des trucs aussi, ça peut paraître con mais ça fait énormément de câbles à tirer et à brancher. C’est sur, ne pas avoir le MS20 ça envoie moins de pâté, mais comme dit Emile, ça peut être plus payant au final.

C’est de l’optimisation.

Philippe : Ouais, mais justement, on est pas très doués pour ça. Ça nous prends des mois et on a pas de bon sens. Du coup on est obligés de compenser pas mal cette perte d’instruments avec l’ordinateur.

Précisément, vous utilisez quoi comme matos (pour la compo et la scène) ? On veut des références pour notre rubrique “Shopping : Fais comme tes artistes préférés !”.

Emile : Alors il y a du Juno 60, du SH 101, du MS 20, moi j’ai un petit MPK…

Philippe : La on vient de finir un remix pour un groupe de potes qui s’appelle Erevan Tusk, et on a grave utilisé le MS20 dessus. Tous ces instrus, qu’on les sorte ou pas sur scène, ça reste nos bébés chéris. Le Juno 60 c’est le truc indissociable du projet. Si on perdait le Juno demain…

Emile : Il faudrait en racheter un.

Philippe : On a les sauvegardes des presets mais ce serait un drame. Je pleurerais pendant trois semaines avant d’en avoir un nouveau. Je m’en remettrai pas comme ça. Mon Juno c’est mon bébé, tu crois que j’ai envie d’aller en tripoter un autre ?

Emile : Bref, le SH 101 on l’a pas mal utilisé pour l’album. Sur scène il nous sert pour les solos et les arpeggios.

Comme sur “Louis”, l’intro du live ?

Philippe : Un peu ouais, sauf que l’intro on l’a faite au Juno. Mais c’est vrai que le SH 101 on s’en sert plus pour broder autour de ce qui existe déjà et faire des sons plus légers et aériens. Alors que sur l’album il nous a servi pour faire des grosses basses bien nettes et précises, comme sur Would You Stay. À une époque, vu qu’on est des grands malades, on avait tenté quelque chose sur scène. J’utilisais donc le SH 101 pour faire ma broderie et quand on jouait Would You Stay, je le tournais et fallait faire tous les recalls manuels. Autant dire que niveau enchaînement de chansons c’était la misère totale. Le recall était jamais fait comme il faut, mais le SH servait juste à faire la base d’un seul morceau.

Emile : Ça c’est encore une de nos dates ratées ! C’était le début d’une autre formule, une formule à 4 !

Laura Sicouri a réussi à extrêmement bien illustrer votre morceau “Bob” dans son clip. Vous vous connaissiez déjà avant de bosser ensemble ? Comment ça s’est fait ?

Philippe : On l’a rencontrée lors d’un live qu’on avait fait à la gallerie W dans le XVIIIe (22/11/2012). Elle bossait avec un autre gars sur une vidéo, Alexandre Silberstein, qui joue au foot avec notre producteur. Alex a dit à notre prod que ça les intéresserait de faire des images pour Saint Michel puis il nous a mit en contact avec Laura. Après le concert ils sont venus tous les deux et on a discuté. Moi dès que j’ai su qu’il y avait moyen de faire un dessin animé ça m’a grave botté. Dans les loges ce soir la j’étais en train de leur dire “On voudrait l’histoire d’un petit garçon qui est fan de courses de voitures”, je m’étais déjà fait toute une projection. On est vraiment très contents de ce qu’a fait Laura, c’est une nana super talentueuse. On espère pouvoir travailler encore avec elle. Je ne sais pas de quoi ça parlera après, mais j’aimerai faire la suite de Bob, toute une série avec sa vie, on le verrait dans d’autres situations. Genre Bob avec son pote, ou Bob au ski, un peu comme Martine. Bob au marché, Bob à l’école…

En parlant de Bob, vous êtes plutôt Bob Sinclar, Bob Marley ou Bob Dylan ? Ou Boby Lapointe peut-être, il est cool. Il y a Bob l’éponge aussi dans un autre genre.

Philippe : Bob l’éponge c’est l’ancien batteur avec qui on travaillait. Il était très fan, on avait même voulu lui offrir une guitare Bob l’éponge pour son anniversaire mais finalement on s’est embrouillés avant.

Emile : Il y a un autre Bob. Bob le gentil monstre. Bob Sinclar j’ai jamais trop écouté. Bobby Lapointe j’adore. Celle que j’ai beaucoup écouté quand j’étais petit c’était La Maman Des Poissons.

Philippe : Moi pour être sérieux, ce serait Dylan.

Emile : J’aime beaucoup Dylan mais j’ai beaucoup plus écouté Marley.

Philippe : J’ai plus écouté de reggae aussi. J’en avais un groupe quand j’avais 15 ans. Je suis très fan du genre. Bob Sinclar j’écoutais un tout petit peu à l’époque mais j’étais plus sur du Gopher ou du De Crécy. Je trouve que ça à mal vieilli. D’ailleurs il a disparu complètement.

Il a sorti un album/compil l’année dernière sur Vente Privée.

Philippe : Oh merde… Pourtant à l’époque il était dans la place ! Y’avait lui, David Guetta, Martin Solveig. Il a eu son pic de popularité avec le morceau qui avait tourné dans le générique de la Star Ac’. Pourtant sur son premier album il y a des trucs chouettes. C’est borderline mais il y a deux trois titres vraiment cools.

Malgré une musique qui parait simple et légère, vous semblez être particulièrement exigeants et pointilleux quand vous composez. Il n’y a pas trop de prises de becs à cause de ça ? Comment ça se passe ?

Philippe : Je dirais que le coté exigeant et pointilleux c’est moi.

Emile : Haha ouais !

Philippe : Mais justement ça n’empêche pas d’avoir ce résultat simple et léger. Ça parait un peu contradictoire mais en fait ça colle bien. Même si les morceaux sont “frais” la construction elle est compliquée. C’est une multitude de petites couches de sons. En tout cas je suis très perfectionniste, je me prends tout le temps la tête.

Emile : Par contre entre nous ça va, dans le sens ou on va se faire chier sur pleins de trucs mais jamais entre nous. On est toujours à d’accord à 100%.

Philippe : C’est tous les deux contre le morceau ! On passera des heures à essayer de toucher la perfection et à s’embêter sans jamais se tirer le bec. Par contre je me rend compte que ce n’est pas forcément payant. A force de pousser les choses trop loin, tu finis par diluer l’énergie et l’envie que t’avais au départ. Du coup sur le deuxième album on fera les choses un peu différemment pour s’empêcher de partir aussi loin. C’est pas un problème entre nous, on ne s’en veut pas pour ça mais c’est très fatiguant.

Ça veut dire que vous bossez sur le deuxième album ?

Saint Michel Studio

Philippe : Oui on est train de planifier tout ça. Au début de l’été on va sérieusement s’y remettre. Là on est en train de voir pour avoir un local, si il est cool on fera l’album dedans. Le premier avait été fait sur mon Macbook 13”, c’est pas pour faire de la pub à Apple mais juste pour dire que c’est chiant de tout faire à la maison sur un ordinateur portable au trackpad des nuits durant. Déjà qu’on est pas très organisés, là c’était chaud. En plus, j’ai fais l’album défoncé à base de 25 pétards par jour. Même si j’ai l’expérience pro d’un ingé son, Emile ne l’a pas forcément et j’étais pas toujours en état de tout organiser. Du coup les sessions donnaient des fichiers plus ou moins dégueulasses. Aucune piste n’avait le nom de ce que c’était du coup quand tu voulais retrouver un son c’est un peu galère. On avait des sessions qui ne tournaient même plus à la fin tellement on poussait le truc alors qu’on avait blindé l’ordi de ram. On a pas pu finir l’album comme ça, il a fallu faire de nouvelles sessions et tout cleaner. Quand on allait voir Gopher on se faisait engueuler “Rohh les mecs je vous aime bien, vous êtes sympas, mais la c’est dégueulasse !”.

Votre morceau “Unicorns” est l’illustration sonore du superbe film de Chanel pour une de ses montres. Ce sont eux qui sont allés vers vous ?

Emile : C’est encore par un de nos producteurs, il a eu le plan par la boite de pub qui s’occupait de ce projet là. Je leur avait fait écouter tous les morceaux et ils avaient plutot tiqué sur Unicorns. Après Philippe a fait 50 milliard d’edits du morceau pour revenir limite à la version de base.

Philippe : Ce dont parle Emile c’est les histoires de pubs. Quand tu bosses avec des agences pour faire des plans de synchros ou mettre ta musique à l’image tu fais 250 mille versions. Les mecs disent des trucs chelous comme “Ouais on aime bien la poésie entre 08 et 014 par contre il faut que ça soit plus onirique à 077”. Ils ne disent rien de concret. Ça nous rend dingue. On a une forme de sensibilité, on a un regard artistique sur ce que l’on fait. On peut dire oui cette chanson elle est triste, on peut rajouter des couleurs mais on à l’impression que c’est un peu dur de communiquer avec eux. Tu ne sais jamais quand ça s’arrête en plus.

C’est vraiment un travail de commande.

Emile : Le morceau existe déjà, c’est que de l’edit, du découpage.

Vous avez signé chez Columbia. Pourquoi eux, ou alors, pourquoi vous ?

Philippe : Il y avait d’autres labels, d’autres stuctures. Ça a un consensus avec nos producteurs qui connaissent bien l’équipe de Columbia. On avait pas d’idées, d’envies particulières là dessus. Après on a été hyper fier de signer chez eux parce que c’est Michael Jackson, Bob Dylan, Jeff Buckley… C’est tellement légendaire.

Quelles sont vos pièces maîtresses dans vos collections de vinyles respectives ?

Philippe : Oh putain il y en a un paquet.

Emile : Dans les miens, en tout cas ceux que j’ai le plus écoutés, je pense qu’il y a un Simon and Garfunkel “Bridge over Troubled Water”, y’a un Bob Marley “Babylon Bible”, un autre truc de reggae, le “Aux armes etcetera” de Gainsbourg et puis le “Breakfast In America” de Supertramp.

Philippe : Je dois avoir 400/450 vinyles. Ça se répartit entre des trucs très anciens et plus récents. J’ai usé à mort les premiers Daft Punk, Homework je crois que je ne peux même plus l’écouter. Dans des trucs plus anciens il y a énormément de choses mais pour le coup c’est des références inconnues, je connais même pas les noms. En ce moment j’écoute Losinka71.

Emile : Losinka71 ?

Pink Floyd

Philippe : Ouais c’est un truc de musique d’Amérique du Sud, un peu traditionnelle avec les flûtes de pans. Sinon un récent que j’ai acheté c’est un live des Floyd, Ummagumma. C’est une pochette avec une image dans une image qui se répète à l’infini. Sur le verso il y a une autre photo qui est magnifique, c’est tout le matos du live qui est posé sur la route devant une régie mobile. D’ailleurs je soupçonne que ce soit la régie mobile des Stones. Elle a enregistré certains des plus grands disques des années 70, notamment du Led Zeppelin. Cette photo est superbe. Ils sont sur la route avec le camion, un gros gong posé sur le toit et tout le matos posé en symétriquement. Une super belle image. Je vous invite à aller regarder.

On sent que vous êtes relativement proches de votre public, de vos fans. Qu’est-ce qu’on vous apporte et surtout, réussirez-vous à garder un contact humain avec les gens si vous devenez des rockstars ?

Emile : Je penses que oui. C’est un truc qu’on se dit souvent, on a pas envie de devenir des connards prétentieux. Peut être que ça nous tombera dessus un jour, on ne sait pas, mais on ne veut pas être comme ça. Je pense pas qu’on le deviendra. Après il y a toujours des gens pour ta cracher dessus.

Philippe : “Regardez c’est devenu un gros con !”. Le pire c’est que c’est déjà la cas aujourd’hui. À notre petit niveau il y a déjà des gens qui nous défoncent pour des raisons trop bêtes. Quand on a joué au Nouveau Casino, sur Sticky, j’ai soulevé mon tshirt sur une phrase pour déconner. Je suis très loin d’être un Mr Propre avec des plaques d’abdos. Mais je me suis fait démonté le lendemain sur Twitter par une meuf qui disait “Le chanteur de Saint Michel est devenu insupportable, complètement commercial #JeSoulèveMonTshirtPourMontrerMesAbdos”. C’est dommage, on se fait déjà défoncer pour des trucs mal interprétés, les gens croient qu’on se la pète. On était plus timide avant c’est sur, pour le Nouveau Casino on était super excités, on présentait l’album donc on bougeait pas mal, on sautait de partout. Et les gens n’ont pas comprit ça comme ça.

Emile : L’autre jour pareil, au moment ou on faisait nos trois concerts pas encore super au point, une nana qui nous aime beaucoup sur Facebook nous a fait la réflexion comme quoi La Flèche d’Or c’était mieux que notre date à l’EMB parce que c’était à Paris. Nous on était terrifiés parce qu’on étaient pas prêts pour cette date et on essayer de tout donner, comme à l’EMB, mais on est passé pour des gros snobs.

Philippe : Forcément, plus tu fais de dates, plus tu t’améliore, et on a eu se sentiment la. Pour les gens, notre amélioration c’est du snobisme, parce que ça tombait sur Paris. Ça aurait été n’importe ou ailleurs ça aurait été pareil.

Emile : Après ça fait parti de notre responsabilité de donner notre maximum et faire quelque chose de bien même qu’on est pas au top ou pas prêts.

Philippe : Faut pas oublier aussi que les réseaux sociaux c’est un lieu de défouloir. On s’était fait insulter dans les commentaires suite à une interview pour So Foot.

Emile : Je l’ai un peu cherché.

Philippe : Oui mais c’est pas une raison pour se faire traiter de tarlouses versaillaises, de mauvais musiciens et j’en passe. C’était dingue.

Bon, faire l’amour, faire des chansons sur des filles, c’est une chose. Mais concrètement, vous êtes du genre “collectionneurs” ou “rangés” ?

Emile : Moi plutôt rangé, j’ai jamais été un gros dragueur.

Philippe : Oui on est rangés, mais attention, ça ne veut pas dire qu’on est coincés. On a besoin du contact des gens mais pas de draguer tout ce qui bouge et sauter tout ce qui passe. On se nourrit de ce qu’on partage avec le public. Après bien sur il nous arrive des trucs marrants mais on fonce pas droit dans les clichés. Par exemple à Clermont, une nana voulait clairement aller à l’hôtel avec nous. Après le concert elle était au bar avec nous, nous disait ou elle habite puis nous à ramené à l’hôtel avec son pote en caisse. Jusque devant la grille elle faisait des allusions mais elle était adorable en tout cas. D’un côté ça nous touche car les gens ont de l’intérêt pour nous, mais on a pas envie de monter une nana dans la chambre et de niquer pendant 8h.

Quel est le meilleur spot pour faire de l’escalade ? Ça nous intéresse.

Emile : Quel genre d’escalade ?

Philippe : Les chambres d’hôtel de Clermont ! Sinon le stade Montbauron (Versailles).

Emile : Quand j’en faisais j’allais à MurMur, c’est une chaine. D’abord à Issy puis après à Pantin. C’est très très haut la bas.

Philippe : MurMur c’est l’horreur, c’est une espèce d’aire de jeux McDo de luxe pour l’escalade. C’est très cher. Autant aller à Fontainebleau.

Emile : Ouais ça reste le meilleur endroit !

Philippe : C’est différent, c’est du bloc pas du mur. Mais un des meilleur spot ça reste chez soi dans son lit. Sur n’importe quel meuble d’ailleurs. On a tous un meuble Ikea, mais attention, c’est pas toujours de la très bonne qualité, faut pas trop le secouer.

Vous dites faire de la musique pour les 7 à 77 ans. C’est de la que vient de le titre du morceau “77”. Ou alors est-ce la Seine et Marne ?

Philippe : C’est un hommage à Michel Sardou. Non je déconne. C’est en rapport au chiffre 7. Je suis tombé un soir en traînant tard sur Youtube sur des vidéos sur la théorie du complot, les extraterrestres, l’alignement des grand sites Incas, des pyramides etc. Je suis très bon client de ces trucs je l’avoue. Puis j’ai vu un truc un peu plus sérieux sur des mathématiciens et des propriétés incroyables autour du chiffre 7. Je vais pas vous refaire le truc, j’en suis incapable, mais ça m’avais beaucoup marqué.
Après pour la signification du morceau il y a aussi un clin d’oeil au département. J’ai pas très envie de m’étaler dessus mais j’ai eu une histoire avec une nana qui venait du 77, ça vient de ça aussi.

Philippe, tu dis que lorsque tu as rencontré Emile il y a 5 ans, son style c’était plutôt baggy/casquette. Et toi, quel était le tiens ?

Philippe : J’ai pas trop changé de style depuis en fait. Je suis toujours un vieux Versaillos.

Emile : On est pas des gars très stylés en fait. On s’habille n’importe comment et avec ce qui est propre. Par contre depuis un an ou deux on nous file 2-3 fringues de temps en temps. Ça nous permet de s’habiller un peu mieux. On penses plus au confort.

Quel est votre avis sur le Mont Saint Michel ? Il est breton ou normand ?

Philippe : Normand.

Emile : Moi je dirais breton.

Philippe : C’est une trop grosse embrouille. On veut pas faire de politique. Mais la Bretagne et la Normandie c’est très cool !

Emile : Ouais on a passé de bons moments la bas !

Philippe : On aime les galettes Saint Michel c’est le principal.

Vous voulez une question sur Versailles ? Non ?

Philippe : Ouais vas-y.

Il est bien le bar ou on est la ? Vendez-le pour faire venir les gens.

Emile : Je laisse faire Philippe je connais pas moi !

Philippe : C’est tranquille et cool. Il n’y a pas de pression sociale comme à Paris. Tu viens pas pour te montrer ou subir un ego-trip-bling-bling à gerber. Bon ici aussi il y a pas mal de clichés, mais j’aime ce côté simple et apaisant. C’est pas cher et très convivial, tu peux parler aux gens que tu ne connais pas sans problème.

Ketchup ou Mayo ?

Emile : Ketchup !

Philippe : Mayo !

Emile : J’ai toujours dis “la ketchup” au lieu de “le ketchup”. C’est à cause de mes parents ça.

Un peu comme le ou la dubstep.

Philippe : Grande question existentielle ! Mais sinon moi je dis mayo. Pourquoi ? Le ketchup, bien sur que je valide le ketchup. Mais qui dit ketchup dit frites. Alors que mayo pour moi ça veut dire poulet.

Emile : Barbecue sinon.

Philippe : Ou Savora.

Saint Michel live

Crédit photos : Léonce Barbezieux