Syro, c’est l’évènement musical de ce mois de septembre. La très attendue nouvelle mouture d’Aphex Twin s’est dévoilée en avant-première au public lors d’une écoute au Glazart à Paris.

Un zeppelin brandé au dessus de Londres, des pochoirs à New York, un tweet menant vers un site hébergé sur le deep web. Aphex Twin sort de sa léthargie et nous le fait savoir ! Depuis mi-aout, pas une semaine ne se passe sans que Richard D. James fasse parler de lui. La raison de tout ce raffut est Syro, l’album qui marque la fin de 13 ans de silence musical d’Aphex Twin.

Sur la toile, l’excitation est à son comble. Ce n’est pas pour autant que Warp Records, le label orchestrant cette communication, compte s’arrêter là. Le coup de grâce : une série d’écoutes privées destinées au public. De Londres à New York, de Berlin à Los Angeles, mais également Paris, aux quatre coins du monde des auditeurs sont tirés au sort pour venir écouter le fameux Syro.

En France, l’écoute s’est déroulé au Glazart, le 5 septembre. Choix astucieux puisqu’une semaine plus tôt la salle parisienne accueillait Rephlex, le label cofondé par Aphex Twin. À l’affiche de cette soirée on retrouvait entre autre Bernard Fèvre sous son alias Black Devil Disco Club dont il doit à Richard D. James le revival de sa carrière. Décidément Afx est partout.

Le rendez-vous est fixé à 19h. Les téléphones sont priés de rester aux vestiaires, les sacs également. Une certaine euphorie règne pendant la queue pour le vestiaire. Les poches sont vides, il est temps de rentrer dans la salle.

Sur un des murs est projeté le logo d’Aphex, en noir sur fond jaune/vert vif. En face du bar, c’est un diaporama de photos et de montages de fans qui défile sur le mur. Il regne dans la salle un sentiment de privilège, l’impression que l’on va écouter un truc de dingue, le Graal musical, alors que ce n’est qu’une écoute quelques semaine avant la sortie.

Niché dans un transat dans un coin de la salle, on patiente. Le début de l’écoute est prévue pour 20h. Dépourvu de téléphone, sans montre, il est impossible d’avoir l’heure, aucun repère temporel n’est visible. Dans la salle, chacun attend et vaque à ses occupations. Pendant que certains promènent leurs transats à la recherche de la meilleure place pour voir l’écran avec le logo, d’autres font le plein de pintes au bar lorsque enfin, le son du britannique pointe le bout de son nez.

Sans crier gare, le volume monte et la musique de fond laisse place à “Minipops 67”, premier morceau de l’album et premier single. La machine est lancée. Le public dispersé s’amasse au milieu de la salle, devant le mur sur lequel le logo est toujours projeté. L’auditoire se distingue alors en plusieurs catégories : une petite partie de surpris et déçus de ne pas avoir devant eux un live ou au moins la présence d’Aphex, ceux venus boire un verre entre potes et, en grosse majorité, ceux qui sont là pour l’écoute avec l’espoir et l’envie de vivre un moment unique.

Les plus assidus ne détourneront pas le regards de l’hypnotisant logo, perdus dans les méandres de Syro, se délectant de chaque instant. Morceau après morceau, les applaudissements résonnent dans la salle. Timidement d’abord puis de plus en plus nombreux au fur et à mesure de l’écoute jusqu’à ce que le beau et doux piano d“Aisatsana” achève cette écoute sous un tonnerre d’applaudissement. Les lumières se rallument et chacun sort de son hypnose. Le vestiaire, le bar et le fumoir se remplissent tandis que la salle se vide. Le logo lui, trône toujours, il n’aura pas bougé de la soirée mais aura monopolisé toute l’attention.

Entre les conversations et les déplacements du public, l’album n’a pas toujours réussi à se faire une place. Dans ces conditions, avec seulement une écoute, il est difficile de se faire un avis. C’est une bonne manière d’appréhender ce nouvel opus, d’en saisir les grandes lignes sans rentrer dans les détails. On ne s’étalera donc pas sur ce que l’on en a pensé, préférant attendre de pouvoir le réécouter au calme le 22 septembre, date de sortie de Syro dans l’hexagone. Ça n’en reste pas moins une très bonne expérience sensorielle, une manière originale de découvrir pour la première fois un album.