C’était la tête d’affiche du vendredi des Trans Musicales de Rennes. Venu présenter son nouveau live avant d’attaquer une tournée en début d’année, il en a profité pour dévoiler une partie de son prochain album : Creatures.

Dans la nuit de vendredi, aux alentours d’une heure du matin, l’un des quatres halls accueillant des concerts durant les Transmusicales affiche complet. Massé dans l’obscurité du hall 9, un parterre de créatures joyeuses et ivres attend Rone de pied ferme. Il faut dire que le français s’apprête à présenter pour la première fois son nouveau live après une longue tournée qui en aura convaincu plus d’un.

De l’ambiant industrielle parcoure le soundsystem du hall, suivi par une mélodie d’orgue et des nappes criantes. Issu de l’album à venir, ce “Freaks” pose une atmosphère sombre et machiavelique dont les lumières puissantes mais encore timides permettent d’entrevoir l’artiste et la structure sur laquelle il siège.

L’enchaînement laisse entendre la ritournelle de l’inévitable “Bye Bye Macadam”, faisant le bonheur de bon nombre de festivaliers. Un changement d’ambiance radical après le ravageur “Freaks”. La fumée ambiante et l’intensité du lightshow ne permet pas toujours de voir ce qu’il se passe sur scène, cependant on distingue tout de même des images de cosmos, similaire à l’artwork de Creatures, affichées sur l’écran par intermittence.

“Sing Song”, “(00)”, “Sir Orfeo” et “Memory”, de nouveaux titres inédits, marquent vraiment le démarrage de ce live. Invitant nos oreilles à explorer sa galaxie un brin enfantine en compagnie de ses créatures, Rone nous happe peu à peu dans un vortex de techno riche en mélodies dont il a le secret.

Visuellement, le live repose sur un lightshow nerveux et surtout sur une structure composée d’une estrade polygonale noire et d’un grand écran carré en fond. Cette scénographie est très terre à terre, aux antipodes de la musique qu’il nous est donné d’entendre. Mais lorsque l’écran laisse apparaître de trop rares animations mettant en scènes les petites créatures, elle perd de sa lourdeur et parvient à nous charmer.

L’efficacité de “So So So” en live n’est plus à prouver et c’est sous une pluie de confettis que le morceau explose. Tenant son public d’une tendre main de maître, Rone ne compte pas nous lâcher en si bon chemin et l’hypnotique “Origin” pousse l’exaltation de chacun dans ses retranchements.

Le rythme se casse avec “Ouija”, le premier extrait de Creatures, calmant les ardeurs de chacun et nous plongeant dans un rite chamanique jusqu’à ce que “Bachi-Bouzouk” reprenne les choses là ou “Origin” les avait laissées.

Rone ne pouvait pas nous laisser en si bon chemin sans passer par la case “Parade”. Bleu, violet, orange, rouge, l’écran et les lumières scintillent frénétiquement. La silhouette de notre hôte se dandine à contre jour des innombrables couleurs de l’écran. Magistral, ce petit morceau de paradis achève le live dans une explosion de couleurs et d’amour.

Les lumières se rallument et le faiseur de rêve descend de son estrade. Après quelques salutations au public, il quitte la scène nous laissant béas, papillons dans le ventre et sourire aux lèvres face à des techniciens qui s’empressent de tout démonter.

Tout n’était pas parfait et manquait de visuels pour forger une réelle identité, surtout en festival. N’oublions tout de même pas que c’était une première. Rome ne s’est pas construite en un jour, il en sera sûrement de même pour ce live qui n’en reste pas moins généreux et chaleureux, à l’image de son auteur.

Une bonne mise en bouche avant de retrouver Rone et ses créatures sur scène durant la tournée qui accompagnera la sortie de l’album le 9 février chez Infiné. Il est d’ailleurs possible d’écouter les versions albums de “Freaks” et “Sing Song” dans une interview réalisée par Télérama le lendemain du live.

Rone Trans Musicales Rennes

Merci à Gwendal Le Flem pour ses photos. D’avantages sont à voir sur sa page Facebook.