Six mois après la fin de leur tournée et une période de travail en studio, Saint Michel remontait sur les planches pour un concert dans le cadre magique du Théatre Montansier à Versailles.

Les nuages crachent de gros flocons de neige fondue lorsque l’on arrive aux alentours de 17h devant le Théatre Motansier à Versailles samedi 31 janvier. Le soir même, Saint Michel se produira pour la première fois chez eux, dans ce bel édifice jouxtant les jardins du château.

Paul, le batteur, vient nous ouvrir la porte de l’entrée des artistes. Alors que celle ci se referme, Émile, à la basse, se faufile dans l’entrebâillement, quelques câbles à la main.

“Vous avez fait bonne route ?”

Les deux s’engouffrent dans les sombres coulisses biscornues et on leur emboîte le pas. Lorsque l’on pénètre dans la salle, Philippe est entrain de jouer de douces mélodies avec sa guitare. Le silence est d’or, tout comme les moulures et les lustres surplombants l’impressionnant théâtre.

Émile et Paul grimpent sur scène retrouver leurs places. L’ambiance est studieuse, peu de mots sont échangés, quelques vannes fusent tout de même. Chacun termine d’installer et brancher son matériel aidé par les techniciens qui finissent également l’installation lumière. Émile semble avoir des problèmes avec son ampli qui crache un son électrique dès lors qu’il le frôle. Ça s’annonce compliqué. Timides et impressionnés, on s’assoit dans un coin, n’osant pas faire de bruit et gêner le travail.

On en profite pour prendre le temps d’observer cette salle sous toutes les coutures. Monochrome aux premiers abords, c’est lorsque l’on jette un oeil au plafond peint par Charles Séchan et habillé d’un immense lustre que l’on prend réellement une claque. Après l’église Saint Eustache, c’est encore une fois dans un lieu atypique et historique que Saint Michel à la chance de pouvoir jouer.

Tandis que Paul serre les fûts de sa batterie afin de l’accorder, Philippe vient nous saluer. Il en profite pour nous raconter comment ils ont eu l’opportunité de pouvoir faire cette date. D’ailleurs, ne vous réjouissez pas trop vite, elle n’est pas annonciatrice d’une tournée, ni d’un nouvel album. Le groupe y travaille néanmoins.

Les balances commencent. L’assiduité est toujours présente, le silence lui est remplacé par des improvisations, des parties de morceaux et des échanges avec la régie son. L’atmosphère semble un peu plus détendue, on en profite pour se promener dans la salle, tentant toujours de se faire petit.

Une des portes du fond de la salle s’ouvre. C’est Geoffrey Secco, saxophoniste venu là avec son instrument pour poser ce soir un solo sur “Ceci n’est pas une chanson”. Il salut tout le monde, se présente et rejoins le groupe sur scène. Il y dépose son matériel, discute brièvement avant d’aller s’asseoir dans un coin et attendre son tour.

Les tests lumières aveuglants rompent l’ambiance feutrée instaurée par les lustres diffusant une lumière tamisée. On perd un peu la notion du temps, plongés dans ce ballet de lumières, de tests sons, de techniciens, de termes techniques.

“Mets moi un 2 – 4”

Petite frayeur. Alors qu’il chante dans son micro, Philippe reçoit une décharge électrique directement sur les lèvres. Heureusement, rien de grave. Le temps file, la solution d’urgence sera de mettre un bonnet en mousse sur le micro pour éviter que le problème ne se répète.

Peu à peu, tout prend forme et se coordonne. Batterie, piano, basse, guitare, voix, ordinateur, tout semble plutôt bien sonner. L’ingénieur du son et le groupe décident donc de jouer quelques morceaux pour confirmer tout ça. Geoffrey quitte son siège et les rejoins sur scène afin de se mettre au point sur “Ceci n’est pas au chanson”. Après un premier essai concluant, Philippe lui propose d’essayer de jouer depuis un des balcons.

“C’est kitsch mais c’est ça qui est cool”

L’effet est là. Le saxophone arrose la salle, mis en lumière par une poursuite de fortune dévoilant au passage les moulures du balcon. À côté, une loge inoccupée. Geoffrey aimerait s’y essayer mais ça ne semble pas possible, pourtant c’est bien depuis celle ci, la loge royale, qu’il fera son solo plus tard dans la soirée lors du concert.

L’ouverture des portes est prévue dans moins d’une heure. Tout semble prêt. Un petit dernier pour la route ? Les balances s’achèvent donc avec le premier morceau qui sera joué dans un peu plus d’un tour de cadran. Le groupe quitte la scène, rejoint par leur ingénieur son et retourne chercher ses affaires afin d’aller rapidement manger un burger dans un restaurant voisin avant de se changer et monter sur scène pour un concert magique et royal.

On vous laisse avec le récent « Growing » d’Erevan Tusk remixé avec cette douceur sucrée dont Saint Michel à le secret qui est d’ailleurs peut être le même que celui des biscuits !