Il est l’un des pionniers de 2015, inaugurant l’année avec un album malicieux sorti le 5 janvier dernier. Ghost Culture, l’homme qui murmurait à l’oreille des clubs.

Camouflé derrière la sombre pochette en noir et blanc de son premier album éponyme, Ghost Culture pourrait être un de ces “hommes en noir” des années 80 ayant fait dans la cold wave. Cependant, cet opus n’a pas été déniché au milieu des odeurs de vieux cartons dans les bacs d’un disquaire. Non. Ghost Culture, album éponynme, est sorti en début d’année, en provenance direct de chez Phantasy, le label d’Erol Alkan qui avait vu naître avec succès le premier album de Daniel Avery il y a deux ans.

C’est avec “Mouth” que la galette se dévoile. Les synthés cliquettent. Nos doutes se confirment, Ghost Culture n’est pas un album qui sonne rétro et lorsque la montée du morceau atteint son apogée, nous voilà plongés dans un club acid façonné par l’anglais. Une immersion de 45 minutes orchestré par le Korg Mono/Poly, si cher à l’auteur, au travers de 10 titres durant lesquels James Greenwood, son nom à la ville, ne se contente pas de nous faire danser au rythme de ses boucles d’acid house. Il chante également (ou plutôt murmure), hantant ses compositions de sa voix lascive.

Le rythme s’apaise, les sons se font moins durs, le format devient plus pop. “Giudecca” et “Arms” viennent de mettre un petit coup de frein à cette danse effrénée. C’est là, la force de cet album. Bien que les sonorités se ressemblent, James nous évite un album trop linéaire et redondant, alternant avec brio entre des morceaux très dansants et d’autres plus pop et surtout en proposant des moments de répit avec des morceaux plus lents, plus épurés. Exemple avec “Glaciers », morceau dans lequel l’électronique se fait plus discrète, laissant sa place à une formation plus classique avec une batterie et une basse. Le quart-d’heure américain continue ensuite avec “Lying” dans lequel les couches électroniques refont leur apparition, tout en douceur.

Le petit club imaginaire niché dans une cave de Londres devient moite. Les stroboscopiques “Lucky” et “Answers” sont certainement le temps fort de l’album. Les deux morceaux et leurs boucles déchaînées dignes des frères Dewaeles nous entraînent crescendo dans la torpeur des synthés analogiques.

Puis vient “The Fog”. Ghost Culture abat sa dernière carte. Une carte joker dévoilant une facette plus pop et psychédélique qui n’est pas sans nous rappeler un certains groupe new yorkais, MGMT.

Le crooner fantomatique nous offre là un très bon et sombre premier essai. Une obscurité dans laquelle la lumière est reine. Un phénomène abstrait que l’on expliquera certainement avec l’équilibre parfait résidant entre les composition et la voix, permettant à ce dernier de s’écouter aussi bien dans son salon qu’en soirée.