C’est une nouvelle qui va réjouir tous les amateurs d’art urbain. Au mois de mai, la plus grande exposition de street-art verra le jour, ses visiteurs pourront parcourir des yeux plus d’une centaine de kilomètres de murs peints par des street-artists internationaux.

La RATP vient d’annoncer dans un communiqué que ses lignes de RER seraient en mai 2015 le théâtre de la plus grande exposition de street-art outdoor jamais organisée. La nouvelle est assez surprenante étant donné le faible nombre d’événements street-art réalisés en ce moment. La RATP a stipulé qu’elle voulait ne pas suivre la tendance culturelle et proposer quelque chose de novateur. Pour mener à bien son projet non-lucratif, la RATP s’est entourée de quelques partenaires non-intéressés qui félicitent l’initiative. Ainsi, c’est en collaboration avec Télérama, Canal Street, le Mouv’, Radio Nova, Rire et Chansons, Dailymotion, les Inrocks, la Galerie Itinerrance, la mairie du 13ème, Grölsch, Kronenbourg, la Vache qui rit, Be Street, Tsugi, Phillips, le ministère de la Culture, BNP Paribas, Bricorama, le Palais de Tokyo, la fondation Cartier, Libération, le Journal de Mickey, Paris la Nuit, le Paris Saint-Germain, le 20 minutes, que la régie autonome des transports parisiens a élaboré son projet.

L’événement est en partie le fruit d’un partenariat exceptionnel entre la société de transports et près d’un millier de street-artists. La production des œuvres a débuté dans les années 1980. Pierre Mongin, le directeur de la RATP, explique que la réalisation de cette exposition est le résultat d’un travail de long terme. Pour couvrir toute la surface disponible pour l’exposition, les street-artists ont œuvré pendant trois décennies afin d’investir la totalité des murs laissés à leur disposition. Des artistes venus de tous horizons, différents styles et différentes techniques, des influences variées pour un patchworks d’œuvres que l’on peut classer dans le mouvement graffiti à tendance graffiti-art, voire street-graffiti.

L’axe majeur de l’exposition sera celui de la ligne A du RER, la vitesse modérée et les arrêts fréquents du train permettront aux visiteurs de prendre le temps de contempler les œuvres. La marque de bière Grölsch propose de privatiser tous les lundis la lignes (comme elle l’avait fait pour l’exposition de la Tour 13) afin de d’organiser des visites privées pour ses partenaires. Des moyens de transport alternatifs seront mis en place pour ne pas perturber les trajets des voyageurs, des velib’ seront mis à disposition des voyageurs souhaitant se rendre de Nation à la Défense.

Afin de minimiser les coûts pour la RATP, la logistique de l’événement sera en partie financée par les amendes récoltées par la brigade anti-graffiti, ce sera un moyen pour les artistes de participer financièrement à leur propre exposition. Les graffeurs se disent reconnaissants d’un tel geste de la part de la RATP.

Jérome Coumet, maire du 13ème arrondissement (qui sera prochainement rebaptisé la capitale internationale du street-art), se dit séduit par le concept et encourage vivement l’initiative. Il projette d’étendre le tracé du parcours à la ligne 6 du métro qui traverse son arrondissement. Un projet qui pourrait s’étendre aux toilettes publiques, la galerie itinerrance propose l’exposition « street toilets » qui pourrait voir le jour d’ici 2017, un parcours street-art novateur dans les toilettes d’établissements publics prestigieux.

Que vont devenir toutes ces œuvres ? C’est la question que tout le monde se pose. Les organisateurs projettent d’effacer tous les travaux une fois l’exposition terminée. Un site internet participatif verra le jour pour sauver les œuvres par des dons, après le terme de l’exposition. Les œuvres ayant reçu suffisamment de votes et de dons seront conservées, les bénéfices seront reversés à l’association des Contrôleurs sans Frontières.

Crédit photo : Vincent Desjardins

  • estelle

    Bonjour ! J’aimerais savoir si cette expo a réellement vu le jour ? Je viens de tomber sur votre article et je n’en n’avait entendu parler nulle part… y-aurait-il un lien? des photos? Merci

    • Bonjour Estelle, cette expo est en réalité le fruit du travail de tous les artistes de rue qui exercent leur pratique chaque jour le long des voies de métro et de RER. Cet article a été publié le « premier avril » pour montrer l’absurdité de la récupération de ces oeuvres par des acteurs institutionnels divers. Donc pas de photo, pas de lien, désolé, mais libre à toi d’ouvrir les yeux lorsque tu prends le train et d’admirer toutes ces fresques.