À l’heure où la jeune scène beatmaking française est bouillonnante, Superpoze sort “Opening”, son second album dont la ligne artistique prend le contre pied de toute cette effervescence.

Cela faisait longtemps que nous n’avions pas eu de nouvelles de Superpoze.
Correction : de nouvelles de lui SEUL ! La dernière fois, c’était en 2013 avec l’EP “Jaguar” qui déjà, marquait une évolution et une prise de maturité dans la musique de l’artiste.

Entre temps, Gabriel Langeleux (au civil), a continué d’être productif. Un EP en collaboration avec Stwo et une escapade dans le monde de la techno en compagnie de son compère Samba de la Muerte au sein de Kuage. On en oublierai presque son séjour au ski avec ses potes Fakear et Thylacine qui a donné lieu a quelques titres bricolés « à l’arrache » à 6 mains et balancés sur WeTransfer. Le 6 avril dernier, la cloche a sonné la fin de la récréation et c’est avec un nouvel album sous le bras que Superpoze est rentré en classe. Un album sorti sur son propre label Combien Mille Record.

Opening – son titre – est à la première écoute surprenant. Le jeu de mot est mauvais, mais Superpoze ose. S’éloignant de ses confortables terres qu’est le beatmaking, il s’attaque à l’electronica, cette case parfois un peu fourre-tout dans laquelle on range bien souvent ces artistes produisant une élégante musique invitant au voyage, à l’image de Saycet par exemple, dont l’album “Mirage” est sorti plus tôt cette année.

“Opening”, morceau éponyme, ouvre le bal. Le bpm est lent, le synthétiseur ronronne calmement. Le ton est donné. Peu à peu de petites envolées nous saisissent tendrement et nous amènent dans un univers rêveur façonné avec minutie par le caennais.

L’équilibre est le maître mot de cet album. Du nombre de morceau, de leur ordre, de leurs acoustique, de leurs construction, des textures tout y est parfaitement dosé si bien qu’il est impossible de le disséquer. S’écoutant tel qu’il est, d’une traite, sans interruption, il répond à la volonté de son auteur, composer un album qui soit un tout.

Tout comme sa pochette, Opening est contemplatif et épuré. Il est également très froid mais rayonne par ses progressions mélodiques et poétiques. Appuyer sur le bouton lecture, c’est accepter de descendre en apnée dans les profondeurs d’une eau glacée et sentir son corps flotter dans le vide, les rayons du soleil révélant les troubles de l’eau, seules variations dans ce paysage profond, hypnotisant et beau.

Avec cet album, Superpoze franchi un cap. Il n’est donc plus un simple beatmaker, c’est un compositeur avec une réelle démarche et méthodologie artistique. Le jeune garçon qui jouait son “remix de fan” de Woodkid à la fin de son live lors de l’ouverture du Nordik Impakt en 2012 à désormais bien grandit.

Finalement, cinq ans plus tard, le cosmonaute perdu semble avoir trouvé son chemin.

Toutes les informations (tournée, achat de l’album, etc.) sur le site de Superpoze.