Un jeudi soir, 19 heures, dans le 19e arrondissement de Paris. Paul et Bastien nous accueillent dans leur lumineux studio. À eux deux, ils forment TOYS. On leur propose des capsules de Kinder Surprise avec des questions dedans. Let’s play !

Toy Story ou Small Soldiers ?

Bastien : Toy Story, direct.

Paul : Ouais, Toy Story. Mais Small Soldiers j’étais fan à l’époque quand c’était sorti. J’étais aux États-Unis, je l’avais vu là bas et j’avais trop kiffé.

Bastien : Toy Story c’est “vers l’infini et au delà”, Buzz l’éclair, ça défonce.

On voit fleurir sur le marché des petits jouets qui font de la musique. Par exemple la série Volca de Korg ou les Pocket Operator de Teenage Engineering. Selon vous, toys ou réels instruments ?

Bastien : Je pense que tout est instrument. Par contre, ceux là font de l’émulation de machine, donc oui, ça peut être considéré comme des jouets.

Paul : Pas mal de gens ne jurent que par les petites Volca. Ça ne coûte pas grand chose et ça fait le boulot. C’est un bon compromis entre le jouet et l’instrument qui peut te permettre de faire un morceau sans problème je pense.

Votre jouet fétiche en studio ?

Paul : Elle est dure cette question.

Bastien : En fait ça dépend des périodes. Par exemple moi en ce moment c’est la MPC3000.

Paul : Moi c’est le Juno 60. Ça reste celui qui depuis toujours est le plus récurrent.
Dans une démarche un peu plus ludique la TB-303 c’est super cool aussi pour trouver des idées de manière accidentelle et juste s’amuser.

Bastien : Après dans le studio on se sert vraiment de tout, chaque machine est un peu fétiche.

Paul : Il n’y a rien que l’on aime pas.

Vous avez fait pas mal de scènes aux côtés de Christine & The Queens. En revanche, pour TOYS, on vous voit beaucoup moins. Vous préférez jouer dans votre studio plutôt que sur scène ?

Paul : On aime beaucoup jouer sur scène. Effectivement, on n’a pas beaucoup tourné en notre nom depuis le début du groupe. On a très vite été pris par d’autres projets comme Christine. On a passé beaucoup plus de temps en studio pour Toys donc forcément on y est plus épanouis pour l’instant.

Bastien : On fait de la musique de producteur avant tout et on y tient beaucoup, c’est sûrement pour ça qu’on n’a pas fait beaucoup de dates. On veut que ça nous ressemble le plus possible. On ne veut pas être le énième groupe qui fait dix mille dates dans toutes les soirées parisiennes ou sur scène avec un live pas terrible. Quand on fait des lives, on veut que ça défonce donc on y accorde beaucoup de temps pour la création et les répétitions. On ne devrait pas tarder à remonter sur scène, la tournée de Christine se termine bientôt et notre tourneur prendra le relais. C’est juste une question d’emploi du temps et d’exigences.

L’ambiance de votre musique a beau être assez romantique, elle est aussi très urbaine. C’est aussi une imagerie sur laquelle vous vous êtes beaucoup appuyés avec TOYS. La ville est-elle un des terrains de jeu de vos inspirations ?

Bastien : Ça c’est sur. Pour le coup c’est hyper urbain, tu ne vois pas le massif central quand tu nous écoutes.

Paul : Nos clips tournent autour de ce thème, sauf le dernier, ‘Golden Line’ qui se passe dans la campagne américaine. L’urbain ressort dans notre son ainsi que dans notre image, on est des citadins, l’influence vient de la.

Bastien : Le romantisme aussi.

Paul : Ça c’est notre côté un peu dur mais avec des failles (rires).

Le jouet fétiche de votre enfance ?

Bastien : Ce n’est pas la première fois qu’on nous pose cette question. Pour moi c’est les Duplo, les gros Lego avec les couleurs jaune, vert, bleu, rouge…

Paul : Moi c’était plus les Kapla, je passais mon temps à jouer à ça. J’avais aussi un super jouet, une sorte de poupée élastique que tu peux étirer. Je me souviens que je l’avais éclaté et que tout le liquide à l’intérieur s’était rependu partout. J’aimais beaucoup les Lego aussi.

Bastien : Après ils ont aussi fait les Lego Technic, quand tu l’achètes tu te dis que c’est mortel mais en fait c’était trop relou.

Vous êtes plutôt bons ou mauvais joueurs ?

Bastien : Je ne suis ni bon, ni mauvais joueur, je suis tricheur. Je suis toujours celui qui te carotte à la Bonne Paye.

Paul : Et si tu perds ?

Bastien : Je m’en fous.

Paul : Donc t’es bon joueur.

Bastien : Mais comme je carotte, je gagne tout le temps. (rires)

Paul : Je suis plutôt bon joueur je pense. Mais c’est le comble du mauvais joueur, de dire qu’il est bon joueur.

Bastien : De toute façon personne ne va dire qu’il est mauvais joueur.

Paul : Bon bah je le dis, je suis un gros connard. (rires)

Le nom du groupe ramène tout de suite à l’enfance, pourtant votre musique n’est pas une pop enfantine. Elle est sobre, élégante, et très mure. Ça ne vous a jamais joué de tours ? Vous n’avez pas peur que ça vous en joue ?

Paul : Au contraire.

Bastien : Je suis d’accord sur le fait qu’il y a quelque chose d’un peu mur par rapport à l’enfance. On bosse vachement autour de la nostalgie, notamment celle de l’enfance. Pour le coup c’est ça qui se ressent dans notre musique. Harmoniquement il y a quelque chose qui fait que tu es ni triste, ni heureux, mais bien nostalgique quand tu écoutes nos morceaux.

Paul : Je pense aussi que via la musique et l’inspiration, on essaye de retrouver l’état d’insouciance, l’instinct un peu primaire que l’on a quand on est enfant. Ça se voit dans la manière qu’on a de se servir de nos instruments, on est des gosses. En tout cas je n’ai pas l’impression que ça nous porte préjudice.

Bastien : Le risque peut être inverse. Si tu associes un nom de groupe à une musique hyper intellectuelle ou snob, tu peux te couper d’un certain auditoire. Un projet qui sans l’avoir écouté te parait snob, tu n’as pas envie de le connaître.

Est-ce que, à l’instar de Torb, votre amour pour les machines pourrait vous pousser à concevoir vos propres jouets ?

Paul : Euh… Pfiouu… là c’est carrément un métier.

Bastien : Les gars de Torb font parti d’un entourage très proche, j’adore leur projet, il est chanmé. Construire leurs propres machines en fait parti, c’est ça qui défonce. Un des mecs a refait certaines de mes machines, c’est des psychopathes. Je n’ai pas du tout le niveau pour faire ça.

Paul : C’est ça. Moi j’aimerais bien le faire mais j’en suis incapable. Au mieux je peux construire une guitare avec une boite de conserve et du fil de pêche.

Bastien : Je me souviens être passé chez Motorbass un jour pour du matos, ils étaient là, entrain de bosser. J’ai demandé à Fabien “vous en êtes où avec le live de Torb ?” et il me répond “je suis en train de fabriquer le dernier synthé qu’il nous manque pour la tournée”. Tu te demande pourquoi il ne l’achète pas, mais c’est ça qui est super.

Votre jouet fétiche sur scène ?

Paul : Le public (rires). Généralement on ne ramène pas tout notre studio mais beaucoup de matos quand même. Tout ce qui nous permet de faire le son en studio on essaye de l’embarquer afin d’être le plus fidèle possible, donc la réponse est quasiment la même que la précédente question sur le studio.

Bastien : Moi pour le coup ça change, je n’ai pas le MPC.

Paul : Ton jouet fétiche c’est La Tempest toi du coup ?

Bastien : Non ! Le Minimoog Voyager !

Paul : Ah ouais. Sinon pour ma part ça serait le Juno 60. J’aime bien les basses qu’on utilise sur scène également et je m’amuse bien avec la Carbon Copy aussi. C’est une pédale de delay qui permet de varier un petit peu le son et ainsi créer quelque chose qui ne peut exister qu’en live.

Vous avez fait de nombreux remixes, principalement proposés. Mais pour quels artistes souhaiteriez vous utiliser vos jouets ?

Bastien : Putain il y en a trop !

*quelques minutes d’hésitations*

Paul : J’ai entendu le remix de Tame Impala par Soulwax, pas mal, mais je n’ai pas pris de claque. Ce serait cool de remixer Tame Impala, ils ont pas mal de matières géniales.

Bastien : T’as le choix, tu prends le mec que tu veux. Je prends Bowie !

Paul : Après tu as une petite pression quand même.

Bastien : Bowie, Kanye.

Paul : Je remixerai Chaka Khan, avec des pures voix. C’est le genre de projet ou t’as besoin que de la voix comme élément de base et rien d’autre. Il y en a tellement d’autres artistes aussi, la liste est longue.

Ketchup ou Mayo ?

Paul : Mayo.

Bastien : J’aime bien les deux.

Paul : Ah, j’aime pas le ketchup !

Sorti en mars dernier, l’EP « Golden Line » de TOYS est en écoute ci-dessous et disponible en édition simple ou deluxe dans toutes les bonnes crémeries. Pour ne rien louper de leur actualité future, ça se passe sur Facebook.

CONCOURS : 3 vinyles de l’EP « Golden Line » a gagner !

Tu as jusqu’au lundi 12 octobre à 20h pour mettre un petit commentaire juste en dessous. Un tirage au sort sera ensuite effectué parmis les commentaires afin de désigner les 3 gagnants.

Concours terminé

  • Leo

    je suis d’accord c’est trop relou les lego technics. bisous à la béarnaise

  • Thomas Bekaert

    Je suis pas trop d’accord sur le remix de Soulwax. Mais je suis surement pas objectif ahah
    Cool interview en tout cas !

  • DamienCorbel

    Salam salam

  • Remi

    vive le ketchup

  • Luba

    bien bien cool cette découverte ! Merci la bande !

  • dimic

    Le tirage au sort a eu lieu, les gagnants seront contactés par mail :)