Les classiques sont indémodables et Metronomy semble bien l’avoir compris. Allez viens, on va faire un petit tour quelques années en arrière.

L’année 2008 fut marquante pour Metronomy puisque c’est durant celle-ci qu’est sorti l’album Nights Out, signant le début de l’ascension du groupe mené par Joseph Mount. En effet, deux ans après le dispensable Pip Paine (Pay The £5000 You Owe), Metronomy revoit sa formule (on note par exemple l’apparition de la voix de Joseph) et réussi à conquérir un petit noyau d’auditeurs qui, à l’instar du spectre sonore des compositions du groupe, s’élargira au fil des albums et des concerts.

Suivra le très acclamé The English Riviera dans lequel Joseph orientera à nouveau le son du groupe, en l’occurrence vers une pop archi-léchée et lascive dans laquelle rien ne déborde. Puis viendra le lofi-esque et moins charismatique Love Letters, une lettre d’amour brouillon qui nous rendra perplexe quand au futur du groupe anglais.
C’était sans compter l’annonce, au printemps dernier, d’un nouvel album. Une annonce qui s’est faite avec le single “Old Skool” dont le groove nous a rapidement fait changer notre avis pessimiste sur la suite de Metronomy. Un sentiment confirmé lors de l’écoute de Summer 08.

Tout comme ses grands frères, ce nouveau long format a été conçu autour d’une idée, d’un concept. L’anglais explore cette fois des vieux souvenirs et sentiments, ceux de l’été 2008, soit quelques mois avant la sortie de Nights Out, avant que le succès grandissant de Metronomy n’affecte le cours de sa vie.

C’est donc sans grande surprise que l’on retrouve dans cette nouvelle galette l’esprit quelque peu potache d’il y a huit ans. Lignes de basses désaccordées, nappes bringuebalantes et voix s’amusant à jouer avec différentes ‎intonations sont légions.
Cependant ce Summer 08 n’est pas une pâle copie de son aîné. Au fil des albums Joseph a réussi à apprivoiser les codes d’une pop subtile et délicate qu’il n’hésite pas à insuffler aux dix titres de cet album, leur donnant ainsi la maturité nécessaire pour s’émanciper du spectre de leur aîné.

C’était d’ailleurs notre crainte car si ce flash-back assumé s’annonçait jubilatoire, il comportait également son lot d’inquiétude quand à une redite de Nights Out, un album “bis repetita” sans âme auquel l’industrie du disque nous a habitué.

Fort heureusement il n’en est rien ! Metronomy renoue avec sa fougue passée tout en ayant un regard adulte, réinventant ainsi sa propre musique pour l’embarquer dans une virée funky sous LSD et prouvant au passage qu’il n’a rien perdu de sa richesse. Mention spéciale à l’addictif “Mick Slow” qui risque de nous accompagner tout l’été.